On a beau jeu aujourd'hui de critiquer l'aspect propagandiste du cinéma d'Eisenstein. Reste que Octobre est, de ceux que j'ai vu, celui qui le fait le moins subtilement. Gigantesque ode à la révolution d'octobre, avec ses mouvements de foule grandiose et son montage propre à provoquer l'enthousiasme du spectateur par son rythme soutenu, Octobre vaut sans doute surtout, aujourd'hui, pour les idées visuelles dont on sait Eisenstein coutumier.
Il y a une certaine ironie, aujourd'hui, à voir un peuple galvanisé par la parole de Lénine s'unir afin de lutter pour sa liberté, lorsque l'on sait ce que deviendra cet idéal.
Reste une représentation des événements, et de la manière dont il convenait de les voir à l'époque. Quant à la vision qu'en avaient pour de bon les contemporains, qui sait? Le film mettant l'accent plus sur les redditions que les tueries, montrant les sbires du tsar sous la forme de simples pantins ricanant, ne prétend pas à une vision impartiale.
Au final, même l'enchaînement rapide des images risque de provoquer la saturation chez le spectateur, d'autant qu'elles sont accompagnées d'une musique très agressive de Chostakovitch, qui a fait bien mieux.