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Les aventures de James Bond : 007 et le mystère de la Toison d'Or



  • Mr Bond, vous avez la déplorable habitude de survivre.

  • Vous savez ce que l'on dit de la mauvaise graine.




Mi-figue, mi-raisin



Octopussy en tant que treizième opus de la célèbre franchise James Bond, marque le retour du cinéaste John Glen à qui on doit l'épisode précédent "Moonraker". Roger Moore retrouve pour la sixième fois le rôle mythique de l'espion anglais "007", dans une aventure aussi instable que divertissante sur un scénario écrit par Christopher Wood, George MacDonald Fraser, et Richard Maibaum, basé sur le roman d'Ian Fleming. James Bond enquête sur un œuf de Fabergé (objet de luxe considéré comme un des chefs-d'œuvre de la joaillerie créée par Pierre-Karl Fabergé) découvert sur le cadavre de l'agent 009. Un joyau précieux qui va le conduire en Inde sur les traces du prince Kamal Khan(Louis Jourdan), qui roule en secret pour le commandant du Groupement des forces armées soviétiques en Allemagne : le lieutenant-général "Orlov"(Steven Berkoff). Ils complotent dans le dos de la mystérieuse "Octopussy"(Maud Adams), pour un plan diabolique où les bijoux servent un intérêt plus conséquent : celui de faire exploser une bombe atomique en Europe afin de bouleverser l'équilibre du pouvoir mondial et de permettre aux forces Russes d'envahir le globe. L'idée de la contrebande de bijoux est une bonne idée qui positionne Bond dans une intrigue tournant autour d'un jeu de pistes mouvementé. Un mystère articulé autour d'une toison d'or très convoitée. Un périple qui passer l'introduction usuelle va dans un premier temps se dresser dans une mouvance aventurière étrange typique de l'âge d'or d'Hollywood. Une élaboration kitsch, démodée, andouille et immature dressant le portrait d'une Inde fantasmagorique. Une approche déjà à l'époque dépassée qui joue sur les clichés d'une terre lointaine pour les amplifier. Une emprise déroutante qui peu à peu s'estompe pour quelque chose de beaucoup plus terre à terre lors de la traversée en train de l'Allemagne avec un enjeu nucléaire conséquent.  


Octopussy est un film aussi bon que mauvais qui tout du long juxtapose dans une parfaite proportionnelle des éléments positifs avec des éléments négatifs. La mission avance bon train avec une multitude de péripéties plus ou moins satisfaisantes sur un rythme rondement mené où on ne s'ennuie pas. La séquence d'ouverture située en Amérique latine déménage avec Bond qui aux commandes de l'Acrostar, livre une péripétie de haute volée qui s'achève sur la traversée d'un hangar militaire qui finit en miettes. De quoi mettre confiant le spectateur sur le spectacle à venir. Arrive finalement l'Inde. Si le décor du sud de l'Asie favorise de nombreux rebondissements, la forme elle laisse clairement à désirer. Que ce soit la course-poursuite dans les rues de Udaipur, la partie de chasse orchestrée par Kamal Khan avec pour gibier 007, ou encore la prise d'assaut du repaire d'Octopussy, l'action va bon train, mais à quel prix. Les affrontements manquent d'énergie. Les chorégraphies sont platoniques. La mise en scène est fade. À cela s'ajoutent des éléments superficiels de très mauvais goût qui ne cessent de venir interférer avec les séquences d'action. En atteste l'instant catastrophique où Bond, qui se balance sur une liane, pousse le cri de Tarzan. Ou encore lorsque celui-ci face à un tigre sauvage crie : "coucher !", et que la bête lui obéit. On atteint vraiment le fond pour patauger dans l’imbécillité. Alors que j'étais sur le point d'abandonner, arrive l'Allemagne de l'Est avec 007 qui se retrouve à bord d'un train de cirque. Un long chapitre haletant et nerveux qui va savamment jouer avec l'intensité d'un enjeu atomique. Une approche plus noire et percutante qui laisse tomber l'innocence puérile de l'Inde pour un chapitre beaucoup plus conséquent. On se régale des confrontations ainsi que de la longue course-poursuite articulée autour d'un train infernal pour un maximum de tension. Un excellent passage qui me redonne foi en ce film !



Mr Bond est d'une rarissime espèce qui bientôt, aura complètement disparu.



Arrive finalement l'affrontement final orchestré par Octopussy. Un assaut sur le palais de Kamal Khan auquel Bond va se joindre lors d'une arrivée remarquée en montgolfière. Un retour en Inde qui signe avec le retour des éléments négatifs démodés remontés en amont. Une bataille plus drôle et ridicule que haletante et incisive. L'action de premier plan axée autour de Bond est passable, mais celle en second plan est hilarante. On voit clairement que les personnages ne se frappent pas. On a l'impression d'être dans une foire avec un spectacle livré pour un public crédule. Seulement, l'aspect "mi-figue, mi-raisin" n'en n'a pas encore terminé avec nous ! Aussitôt le palais de la foire au cirque quitté, que voilà Bond lancé à la poursuite de Kamal Khan. Une ultime confrontation époumonée pour un combat vertigineux sur le dos d'un avion, où on en prend plein les mirettes. Une excellente manière de conclure un spectacle décidément branlant. La cinématographie de John Glen me laisse dubitatif. Avec l'Inde, on explore un lieu exotique et pourtant passé son grand bazar ainsi que ses demeures luxueuses symbolisées par "Monsoon Palace" (palais de Kamal Khan), et le "Lake Palace" (palais d'Octopussy), on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent. On perd de la superbe environnementale des autres opus. On visite rapidement les différents décors de Peter Lamont qui va accorder une attention non négligeable au monde du cirque que l'on explore avec plaisir. Excellent boulot du côté des costumes d'Emma Porteous et de Tiny Nicholls, qui sur cet opus ont eu la possibilité de se faire plaisir. Dommage que la photographie blafarde d'Alan Hume ne parvienne à mieux les faire briller à travers l'image. John Barry qui n'avait pas pu travailler sur la partition musicale de "Rien que pour vos yeux" est de retour. Un retour décevant qui me fait regretter le compositeur Bill Conti. John Barry s'endort sur ses lauriers. La chanson principale interprétée par Rita Coolidge est étonnamment oubliable. Loin d'être à la hauteur de Sheena Easton.


Roger Moore est décidément infatigable sous les traits d'un Bond vieillissant qui tient encore la route. Il est regrettable qu'on délaisse la part dramatique du personnage explorée dans Rien que pour vos yeux. Néanmoins il porte avec crédibilité les phases d'infiltrations que John Glen à remis au centre de l'intrigue depuis son arrivée dans la saga. La comédienne Maud Adams en tant qu'"Octopussy", auquel on dédicace le titre du film, est décevante. J'en attendais bien plus de la part de ce personnage qui met en avant un féminisme qui ne fait pas de mal à l'esprit machiste de la licence. Seulement, elle manque de consistance et surtout de charisme. On ne cesse de la vendre à travers son symbole : "une pieuvre". À ce titre, la comédienne Kristina Wayborn en tant que "Magda", bras droit d'Octopussy marque bien plus l'attention. L'antagoniste principal incarné par le Français Louis Jourdan est plutôt cool en tant que Kamal Khan. Il offre quelques répliques marquantes, ainsi qu'un charme tiré à quatre épingles qui cadre parfaitement avec le côté gentleman de Bond. Le petit duel de backgammon auquel se livre Kamal face à 007 est amusant. Avec ce personnage, on se régale des nombreux sbires qui l'accompagnent. Kabir Bedi pour "Gobinda", son garde du corps, apporte une menace physique à la hauteur qui va apporter bien des difficultés à l'agent britannique. Les frères jumeaux lanceurs de couteaux "Grischka" et "Mischka", par David et Anthony Meyer sont plutôt cool. Steven Berkoff pour le lieutenant-général Orlov, est excellent. Il amène un côté radical et transcendé qui fonctionne bien. Vijay Amritraj en tant "Vijay", agent de liaison pour le MI6 amène un côté souriant non négligeable qui aurait mérité un meilleur traitement. On retrouve la clique habituelle, à commencer par Desmond Llewelyn qui en tant que « Q », trouve avec Octopussy un rôle plus conséquent qu'à l'habitude. Walter Gotell pour le Général d'armée "Anatol Alexis Gogol", directeur du KGB, est à nouveau présent pour mon plus grand plaisir. Enfin, la seule et unique Lois Maxwell, revient une fois encore sous les traits de Miss Moneypenny. Elle embelli une nouvelle fois le décor Bondien de sa grâce. Seul personnage à être encore là depuis le départ de l'aventure. À noter que cette fois-ci elle est accompagnée d'une assistante, "Penelope Smallbone", par Michaela Clavell.



CONCLUSION :



Octopussy de John Glen est un James Bond déroutant qui ne cesse tout du long de concilier le bon et le mauvais pour un résultat bâtard. Un spectacle loin d'être catastrophique devant lequel je peux prendre du plaisir mais qui ne peut pas non plus pleinement me réjouir. Octopussy c'est la rencontre entre le sérieux de "Rien que pour vos yeux" (que j'adore) et l'hilarité de "Moonraker" (que je déteste).


Un constat mitigé qui me laisse mi-figue, mi-raisin.




  • Ça c'est, pour mon frère.

  • Et ça, pour double 09 !


B_Jérémy
5
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le 24 sept. 2022

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