One Mile: Chapter One est un thriller d’action très divertissant. Il n’invente rien de particulièrement nouveau, mais il fonctionne bien, possède un bon rythme et affiche clairement son ambition : on sent la volonté de lancer une nouvelle saga dans l’esprit de Taken, cette fois avec Ryan Phillippe au centre.
Le film prend son temps avant de basculer pleinement dans l’action. Il commence par développer Danny et Alex, un père et une fille dont la relation est abîmée par l’absence, les reproches et tout ce qu’ils ne se sont jamais dit. Ce début fonctionne parce qu’au moment où la violence arrive, il existe autre chose qu’un simple prétexte pour distribuer des coups.
Ryan Phillippe est convaincant dans le rôle principal. Il ne cherche pas à copier Liam Neeson ni à transformer Danny en machine invincible. Il possède de l’expérience, sait se défendre et survivre, mais il exprime aussi la fatigue, la culpabilité et la volonté de récupérer une partie de sa vie qu’il croyait perdue.
Le film semble très conscient de vouloir construire autour de lui un personnage capable de revenir dans d’autres épisodes. Le titre l’annonce déjà et toute l’histoire présente Danny comme quelqu’un que l’on pourrait facilement placer dans de nouvelles situations dangereuses.
Amélie Hoeferle est également très bonne. Elle possède de la présence, du naturel et suffisamment de personnalité pour éviter de devenir le personnage habituel qui n’existe que pour être sauvé. Alex agit, prend des décisions et participe réellement à l’histoire.
Hoeferle a clairement de l’avenir. Elle fonctionne aussi bien dans les scènes émotionnelles que dans les moments de tension et possède une présence très forte à l’écran. Elle est également très belle, ce que la caméra ne cherche pas à cacher, mais elle ne dépend jamais de cela pour exister.
Quand le film bascule dans la survie, le ton change fortement. Le voyage de réconciliation devient une poursuite dans les bois, avec une communauté isolée, du fanatisme et une violence de plus en plus directe.
C’est alors que le film se rapproche le plus d’un cinéma d’action simple et efficace. Poursuites, combats, couteaux, arcs et affrontements physiques prennent le relais. Il est appréciable que tout ne repose pas sur des fusillades interminables.
Les scènes d’action sont bien réalisées et parfois assez brutales. Danny ne ressemble pas à un super-héros. Il prend des coups, se fatigue et doit improviser. Cela donne davantage de poids aux affrontements.
Le décor fonctionne également très bien. La forêt devient progressivement un piège et crée une sensation permanente de surveillance. Malgré une production assez modeste, le film ne paraît pas particulièrement pauvre.
C. Thomas Howell est crédible dans le rôle du chef de cette étrange communauté. Son personnage aurait pu être plus menaçant, mais il apporte suffisamment de présence et de fanatisme.
Le scénario contient plusieurs éléments peu crédibles et certaines décisions des personnages sont franchement absurdes. Ce n’est pas un film qu’il faut analyser trop longtemps. Plus on cherche à comprendre comment fonctionne tout cet univers, plus les failles apparaissent.
Mais ce n’est pas vraiment l’objectif. One Mile: Chapter One veut être un thriller direct, centré sur une relation père-fille et sur une menace destinée à tester son héros.
Le principal problème vient de son statut de « Chapter One ». La fin annonce clairement une suite et certains éléments semblent davantage préparer les prochains épisodes que servir véritablement celui-ci.
Malgré cela, ce premier chapitre fonctionne. Il possède de bonnes scènes d’action, deux protagonistes efficaces, un décor réussi et une durée qui ne devient jamais pesante.
Ce n’est pas encore un nouveau Taken, mais on comprend parfaitement l’ambition. Ryan Phillippe possède assez de présence pour porter ce type de saga et Amélie Hoeferle constitue l’une des meilleures surprises du film.
Simple, efficace et divertissant.