Très bonne surprise que cet "Orca". Ne vous laissez pas berner par les critiques froides de l'époque. Ni son pédigrée qui lui donne l'air d'être un plagiat italien sans âme de "Jaws", comme nos amis transalpins le feront à de nombreuses reprises ("L'ultimo squalo", "Shark - Rosso nell'oceano"...).
Certes, à l'époque l'intention de Dino de Laurentiis était de produire un nouveau film d'animal marin tueur, dans le sillage de "Jaws". Mais plutôt que de jouer sur la peur universelle des requins, le scénariste Luciano Vincenzoni eu l'idée de se tourner vers les orques. Mammifères réputés très intelligents, tueurs de baleine, prédateur au sommet de la chaîne alimentaire océanique : le méchant aquatique parfait !
Sauf que "Orca" n'a en fait rien d'un bête film de tueur animalier assoiffé de sang. C'est l'histoire d'un pêcheur voulant capturer des orques pour les vendre à des parcs aquatiques. Mais notre homme commet une bévue, et tue une femelle orque enceinte. Le mâle, furieux, va chercher à se venger par tous les moyens.
Ca aurait pu être franchement ridicule. Il n'y a qu'à voir "Jaws 4: the Revenge" qui reprendra le même pitch (!). Mais étonnement, c'est franchement bien traité.
On est honnêtement ému par la douleur de l'orc mâle, le film prenant de le temps de bien caractériser ces animaux. Et la musique dramatique d'Ennio Morricone aide largement. De l'autre côté, le pêcheur incarné par Richard Harris n'a rien d'un héros ou méchant primaire. Il se sent coupable, ayant vu les conséquences de son erreur, d'autant que lui-même porte un lourd trauma. Il va même dans un premier temps refuser le conflit... sachant que son adversaire n'a pas tort ! Entre les deux, une jeune Charlotte Rampling en biologiste marine, caution morale de l'ensemble.
Le scénario ne cède donc pas aux facilités, possédant une vraie dimension dramatique et des personnages intéressants. Question visuels, le film s'avère également assez convaincants. Les attaques de l'orque sont nombreuses (jusqu'à certaines inattendues !), et filmées sous toutes les coutures. Grâce à un mélange de répliques et de vraies animaux. C'est d'ailleurs l'une des autres bonnes idées du film : les orques pouvant être dressés, on peut plus facilement que les requins les intégrer dans des scènes d'action.
"Orca" est donc une production britannico-italienne atypique mais réussie. Pour ceux en manque de bis italien qui seront frustrés par la distribution anglophone, vous remarquerez que le film n'a pas pu s'empêcher de placer une célèbre marque de whisky de l'époque, quasi-systématiquement présente dans les production transalpines des 70's !