Elevé dans un orphelinat durant la Seconde Guerre Mondiale, Peter (Levi Miller) découvre un jour une lettre que sa mère (Amanda Seyfried) lui laissa en l’abandonnant, mais que la directrice du pensionnat (Kathy Burke) ne lui avait jamais montrée. Il décide alors de partir à sa recherche, au Pays imaginaire, une contrée dont il ignorait jusqu’alors l’existence. Mais il y rencontre un pirate, Barbe-Noire (Hugh Jackman), qui semble prêt à tout pour trouver lui aussi où se cache la mère de Peter…
Commençant avec un quart d’heure caricatural au possible alignant tous les clichés du genre, faisant de Peter et de ses amis les pauvres orphelins martyrisés par une tyrannique religieuse obèse rationnant les enfants pour garder toutes les provisions pour elle, on est en droit de craindre le pire. Mais dès l’arrivée au Pays imaginaire, on est immédiatement embarqué en compagnie de Peter dans un monde féérique, riche et fascinant, qui bannit de manière particulièrement efficace tout ennui du film.
Convenons-en, on arrête vite de compter les clichés, tant ceux-ci s’avèrent nombreux (depuis des personnages très stéréotypés jusqu'à une morale mièvre au possible). Mais ce serait sans compter sur le génie de Wright pour dépasser ces derniers afin de nous proposer un divertissement total. Le grand spectacle est donc de la partie, les décors et péripéties, l’un et l’autre très originaux, étant magnifiés par la photographie incroyable de Seamus McGarvey et John Mathieson, et rythmés par un John Powell qui signe peut-être ici sa meilleure partition, pétillante et grandiose à souhait (pendant le générique, je m'attendais à voir apparaître James Newton Howard à la musique, c'est dire !) A cela, il faut ajouter le talent du jeune acteur principal, Levi Miller, parfait en Peter, et un scénario presque sans faille de Jason Fuchs qui, s’il ne recherche pas l’originalité à tout prix, rend un superbe hommage à Peter Pan, lui empruntant de nombreux éléments que l’on s’amusera à reconnaître au fur et à mesure du film, tout en restant dans une originalité qui ôte à l’intrigue une bonne partie de sa prévisibilité.
C’est ainsi que l’on obtient un divertissement somptueux qui, s’il ne cherche pas à être intelligent et que son humour tombe presque constamment à l'eau, cherche au moins à nous faire rêver, en nous en mettant plein la vue. Et de ce point de vue-là, il accomplit sa mission avec un brio qu’on aimerait bien voir tellement plus souvent sur nos écrans…