Arrivant à bord d'un superbe bolide, Philippe Bouvard accourt sur une péniche parisienne pour nous montrer les dessous les plus improbables de la capitale.
Tout comme Paris secret, réalisé quatre plus tôt, Paris top secret fait partie des documentaires Mondo Cane, à savoir des plongées assez sombres, voire plus, de la société. Sauf que j'avais aimé Paris secret et que là, en seulement 75 minutes, dont 5 bonnes minutes d'introduction avec Philippe Bouvard, et une jeune demoiselle nommée Szabo qui chante sur la péniche, où la caméra la filme à contre-plongée de sorte à ce qu'on voit en-dessous de sa jupe XXS, on sent quand même par moments le remplissage. J'aimerais savoir comment ce documentaire a pu être ressenti à l'époque car avec le recul du temps, tout cela parait au mieux insolite, au pire insignifiant. Comme le marchand d'art qui vend de la poterie à partir des formes généreuses des jeunes femmes qui se font mouler la poitrine, le visage, ou les fesses (pour créer un compotier !), restant cambrées de longues minutes pour que le plâtre prenne prise. Ou alors le spectacle de nu, où l'accent est surtout mis sur leur triangle dissimulant leur sexe, car il risque de tomber durant le spectacle (le triangle, pas le sexe) à cause de la transpiration. Et d'autres choses pas terribles (dont la visite d'un chenil) qui sont parfois de la fiction tellement c'est mal joué, et on a là une curiosité, qui parle en substance d'un 1969 perverti.
Mais ce qui sauve ce documentaire, c'est le commentaire en voix off de Philippe Bouvard que je trouve souvent drôle, dans le ton détaché qu'avait l'animateur, et on se dit que certaines de ses répliques sont clairement racistes, sexistes ou homophobes, et là, on peut s'étonner que le film n'a pas été brûlé sur la place publique. Mais heureusement, il est sauvé, car c'est aussi un témoignage de son temps.