Pas de problème… Rien que le titre annonce la couleur : on ne va pas trop se fatiguer avec la cohérence, mais on va essayer de passer un bon moment — et ma foi, contrat à moitié rempli.
Aux commandes, Georges Lautner, artisan bien connu du cinéma populaire hexagonal, qui sort ici une comédie d’action comme on en faisait à la chaîne à l’époque : un mélange de flingues, de poursuites et de bons mots plus ou moins inspirés. On est loin du panache des Les Tontons flingueurs, mais l’ombre plane encore quelque part, surtout dans l’intention.
Côté casting, c’est buffet à volonté. On retrouve Miou-Miou, Bernard Menez et Henri Guybet — trio improbable, presque expérimental, comme si Lautner avait voulu tester une nouvelle recette sans lire la notice. Autour d’eux gravite une galerie de seconds rôles qui sentent bon le cinéma français d’époque : Annie Duperey, toujours impeccable, Maria Pacôme, impériale comme à son habitude, et la délicieuse Renée Saint-Cyr, qui apporte une classe naturelle là où le scénario, lui, arrive en pantoufles.
Parce que oui, parlons-en du scénario : on est sur du solide… comme une biscotte oubliée derrière le radiateur. Ça tient, mais ça s’effrite dès qu’on appuie un peu. Une intrigue cousue de fil blanc, des rebondissements qu’on voit venir avec les phares allumés, et des dialogues qui oscillent entre la saillie amusante et la blague de fin de banquet.
Mais attention, tout n’est pas à jeter dans la poubelle du cinéma du dimanche soir. L’ouverture propose quelques cascades honnêtes — on sent que les cascadeurs ont été nourris et logés — et Lautner, vieux briscard, sait encore poser une scène et maintenir un certain rythme. Ça bouge, ça parle, ça tire : le minimum syndical est assuré.
Petite anecdote de tournage : à cette époque, Lautner enchaîne les productions avec une efficacité quasi industrielle, souvent avec des équipes fidèles. Il travaille encore dans l’esprit des années 60, alors que le cinéma français glisse doucement vers autre chose — ce qui donne à ce film un côté un peu “hors du temps”, déjà nostalgique au moment même de sa sortie.
Quant aux acteurs, disons-le franchement : tout le monde ne joue pas dans le même film. Certains font le service minimum, d’autres s’amusent clairement plus que le spectateur. Mais quand Annie Duperey ou Maria Pacôme apparaissent, il se passe quelque chose — un petit supplément d’âme, une élégance, un timing comique qui rappellent que le métier, ça ne s’improvise pas.
Au final, Pas de problème, c’est un peu comme un vieux sandwich triangle trouvé dans une station-service : ce n’est pas de la grande cuisine, mais ça se laisse consommer sans trop rechigner, surtout si on aime cette époque où le cinéma français faisait feu de tout bois avec une désinvolture presque touchante .Bref : de la série B, B comme “bon, allez, pourquoi pas”.