Je l'avais vu une première fois, il y a déjà un paquet d'années, et ce film ne m'avait pas enthousiasmé.
Pour être juste, enthousiasmé n'est peut-être toujours pas le mot adéquat. Mais je l'ai trouvé meilleur que dans mon souvenir.
On n'est pas au niveau de Quand les tambours s'arrêteront, le grand film de Fregonese. Mais sur du western classique qui tient tout à fait la route.
Certes, c'est du vu et revu. Les deux fils du vieil acariâtre qui a construit son ranch de ses propres mains. Le fils naturel, indigne et qui ne pense qu'à profiter de l'argent du vieux. Et le fils adoptif, sur lequel le vieux compte pour mettre l'autre au pas, qui a en vue le domaine.
Les conflits entre fermiers "homsteaders" et les éleveurs qui étaient là avant, et qui ne sont pas prêt à partager leur part du gâteau.
Mais si ces personnages sont devenus archétypaux, c'est bien qu'il a fallu les utiliser dans de nombreux films. Des variations sur un thème donné. Tous ne sont pas devenus La porte du paradis, c'est un fait. Malgré tout, ce Passage interdit se tient très bien. Parce qu'il fait preuve d'une volonté d'esthétisation dès le premier plan, ce qui ne gâche rien à l'affaire. Parce que ses personnages sont bien campés, y compris les personnages féminins, et ça c'est pas tous les jours. Parce que son rythme bien mené fait tenir tous les ingrédients sur même pas 1h30, sans en sacrifier aucun.
Ainsi les enjeux personnels vont coincider avec la toile de fond, c'est-à-dire la volonté des homsteaders de passer outre l'interdiction de franchir les terres des grands propriétaires Denbow. La marque d'un scénario bien construit.
Pour toutes ces raisons, Passage interdit, ce n'est peut-être pas un grand film, mais ce n'est pas non plus n'importe quoi.