Passenger
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Passenger

Film de André Øvredal (2026)

  • J'espérais un film qui sorte un peu de l'ordinaire, une œuvre capable de bousculer un minimum les codes ou de proposer une vision singulière du survival en road-trip. Malheureusement, je me suis retrouvé face à un terrible constat de paresse créative, coincé du début à la fin dans les embouteillages du déjà-vu. Passenger avait pourtant le potentiel pour intriguer avec son concept de "van life" cauchemardesque, mais le long-métrage s'écrase rapidement à mes yeux sous le poids de ses propres automatismes, cochant absolument toutes les cases du parfait petit manuel des clichés cinématographiques de l'épouvante.
  • ​Sur le fond, le scénario m'a donné l'amère impression d'avoir été assemblé par un algorithme tant il empile les morceaux de films d'horreur recyclés. Les thématiques de la vie nomade et du traumatisme sont à peine survolées et le développement des personnages est inexistant. Au lieu d'instaurer une vraie terreur psychologique, l'intrigue se contente d'aligner les situations téléphonées dès que cette présence démoniaque s'invite dans le véhicule mais aussi en dehors du véhicule, brisant rapidement toute sensation de refuge ou de fuite possible. Absolument rien dans l'écriture n'est venu me surprendre ou stimuler mon intérêt. Cette pauvreté narrative est cruellement renforcée par des dialogues d'une effrayante artificialité. À aucun moment le jeune couple ne semble échanger de manière authentique face au danger ; ils débitent des banalités prévisibles, ce qui m'a empêché de ressentirla moindre empathie pour leur sort.
  • ​Sur la forme, le film manque cruellement d'identité visuelle et sonore. La photographie est d'un lissage numérique désespérant, alternant entre des filtres sombres sans nuance et des éclairages routiers ou forestiers artificiels qui privent le film de toute texture oppressante. Le montage, quant à lui, abuse de jump scares prévisibles et de coupes hachées lors des attaques, sans doute pour masquer le manque d'originalité du design de l'entité. Pour couronner le tout, la bande-son est assourdissante et omniprésente ; elle tente maladroitement de forcer les enjeux en dictant littéralement au spectateur quand il doit sursauter ou avoir peur.
  • ​La réalisation, enfin, s'avère totalement impersonnelle. Le réalisateur se comporte ici en simple exécutant, appliquant une recette de studio sans jamais poser un véritable regard de cinéaste sur la dynamique du huis clos mouvant et des grands espaces hostiles. Les mouvements de caméra sont académiques et la gestion de l'angoisse est plate, se reposant uniquement sur les ficelles les plus usées du genre. Il n'y a aucune propositionde mise en scène, aucune audace dans le cadrage, juste une succession de scènes prévisibles qui s'enchaînent de manière mécanique.
  • ​En somme, pour moi, Passenger est une œuvre purement industrielle et sans âme, qui se contente de réciter une leçon apprise par cœur. C'est un naufrage prévisible et sans saveur, que j'ai oublié aussitôt le générique de fin commencé.
DirtyVal
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le 7 juil. 2026

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