Perfect Blue par Kroakkroqgar
‘Perfect Blue’ profite d’une intelligence redoutable dans son écriture. L’œuvre s’ouvre comme un thriller mettant en scène une idole japonaise et un fanatique déviant. Mais au fil du récit, le film va s’intéresser au tournant de carrière du personnage de Mima, et creuser le sujet en mettant en scène ses doutes, ses regrets, ses remises en question. Et c’est avec une plume subtile que le scénario passe de la volonté de Mima de casser son image, au thème de la paranoïa schizophrénique.
Dès lors que le véritable sujet de l’œuvre point devient évident, le scénario ne souffre plus d’aucune limite. En particulier, le scénariste est frappé de génie en créant la mise en abîme du rôle de Mima avec sa situation actuelle, puisque cela fait également écho au trouble que l’acteur peut avoir en incarnant un personnage. Même si le sujet de la schizophrénie connaît une plus grande exposition au cinéma, ‘Perfect Blue’ saura surprendre ses spectateurs, notamment par son final, quoiqu’un peu gentillet.
Pour accompagner l’atmosphère oppressante de l’intrigue, ‘Perfect Blue’ propose une excellente bande-originale, exotique et angoissante. L’animation est quant à elle tout à fait classique, mais certains passages particulièrement crus resteront en mémoire (le shooting nu mais surtout la scène du viol).
Un thriller psychologique à la montée en puissance étonnante.