Les vies privées des couples ne regardent personne, sauf qu'au cinéma, l'art le plus voyeur du monde, c'est précisément ce qui nous intéresse. D'autant plus quand elles sont disons spéciales, comme dans le premier long métrage de Harry Lighton. Résumer le scénario est facile : c'est l'histoire d'un jeune homme timide qui s'engage dans une relation SM soumise avec un motard plus âgé. L'un a un physique quelconque et l'autre est sculptural, mais c'est le premier que l'on suit en priorité, dans une intrigue qui tient de la comédie romantique, aussi surprenant que cela puisse paraître, ou du récit d'initiation, aussi dur qu'il puisse sembler, quoique cet asservissement gay soit davantage humiliant par les situations que par les mots. Le cinéaste n'a pas peur de la crudité dans des scènes marquantes, voire humiliantes, qui n'empêchent pas la tendresse du récit pour son personnage principal, ni l'irruption de la comédie pure et so British dans un certain nombre de circonstances. Au passif de Pillion : le mystère autour du mâle dominant, presque réduit à l'état de cliché, et un dénouement "facile" et expédié. Mais à son actif, et oh combien, l'excellence du duo d'acteurs, Alexander Skarsgård et Harry Melling, parfaits dans l'opposition, au point qu'ils feraient quasiment passer le film pour un Buddy Movie. Bon, n'exagérons pas quand même.