L'univers des bikers gays vu à travers la caméra de Harry Lighton est foutrement testosteroné et sa romance BDSM, qui explore les méandres du désir et de l'amour sur le registre des relations dominant-dominé consenties, pourrait presque faire passer "La secrétaire" de Steven Shainberg pour pudibonde. Il faut dire aussi que, même si dix ans sont passés depuis "Tarzan", Alexander Skarsgård est toujours aussi... sculptural... et c'est un peu Noël après Noël qui frappe à la porte de Colin quand Ray vient le chercher pour l'inviter à monter à bord de son engin infernal. J'ai en tout cas ressenti une véritable empathie pour le personnage de Colin, merveilleusement interprété par Harry Melling. C'est parfois chaud caliente, souvent drôle, jamais irrespectueux. J'ai particulièrement aimé les gros plans sur les mains de Colin, assis à la place du passager arrière, tendrement agrippées à la combinaison en cuir de son amant.
A la fin Ray, qui n'a pas pu, su ou voulu ajouter une clause au contrat (soit un jour de congé par semaine non négociable pour suspendre le jeu et laisser un peu de place à la tendresse, bordel), disparaitra comme il est apparu dans la vie de Colin. Mais à défaut de l'avoir perdu, Colin se sera trouvé lui-même. Une métamorphose qui place le film du jeune cinéaste à mon panthéon des grandes et belles histoires d'amour telles que le cinéma aime nous les raconter.
Mais je vous laisse découvrir.