Quand Leo McCarey se met en mode en mélo, cela donne « Elle et lui » bien sûr, mais également « Place aux jeunes », vibrante déclaration d'amour aux « petites gens », mais hommage surtout à un sujet que l'on n'évoque que rarement au cinéma : la vieillesse. C'est d'ailleurs cet équilibre qui fait toute la force de l'oeuvre, cette difficulté de vieillir, surtout lorsque l'on rencontre des problèmes financiers des plus importants. Cela pourrait être misérabiliste, pesant, ennuyeux... C'est beau, émouvant, sensible, d'une pudeur extrême et d'une délicatesse admirable. Si bien que tout ceci a beau être au fond assez déprimant, preuve d'une volonté de s'inscrire dans une démarche sociale (très convaincante d'ailleurs), nous préférons retenir ce lien indéfectible unissant les héros du film, joués de manière épatante par Victor Moore et surtout Beulah Bondi. Du grand cinéma, élégant, à hauteur d'homme et nous laissant un magnifique souvenir : merci, M. McCarey.