Oliver Stone, toujours prompt à débusquer la merde là où elle se croit si bien cachée (était-il fouille-merde auparavant ou dans une autre vie… allez savoir) nous dresse un portrait fort peu flatteur de la chair à canon qu’on envoyait contre son gré (ou pas) au Vietnam ! et des choses pas jolies-jolies qui ont eu lieu… là-bas chez les Viets.
Son style n’est pas celui de Brian de Palma, Stanley Kubrick ou Francis Ford Coppola , il a moins d’emphase, et aucune ironie à nous envoyer à la figure (et ce n’est pas forcément un reproche à dire vrai) ; il est plus ancré dans le réel que les autres et en même temps ici enclin à une introspection certaine via la voix off du protagoniste principal.
Le protagoniste principal joué par Charlie Sheen qui voulait sans doute avoir lui aussi comme son papa, un film vietnamien ! mais avoir Charlie Sheen dans son film, c’est comme essayer de nager avec un poids de 40 kg à la cheville : c’est un putain de handicap ! Même Tom Berenger s’en sort mieux, même Johnny Depp (!!) dans son tout petit rôle de jeune bleubite ! Heureusement, la direction d’acteurs de Stone permet de compenser à peu près.
L’autre souci concerne la musique de Georges Delerue très émotionnante-émopouvantable, caricaturalement bouleversifiante et criarde, qui torture tellement les violons que j’en appelle à Amnesty International pour faire cesser un tel traitement à l’égard de ces petits violons mignons qui n’ont rien fait pour mériter ça.
Nonobstant ces impairs et un côté un peu par ailleurs (beaucoup trop) misérabiliste, Platoon est un film profondément pacifiste qui dénonce très efficacement cette guerre infâme, sans oublier bien sûr une mise en scène qui ne souffre certainement pas la critique.