La grande force de Plus fort que moi, c'est de mêler le rire et les larmes à chaque scène, grâce à la performance de son acteur principal notamment (l'adolescent comme l'adulte). Explorant le syndrome de la Tourette, le film est à la fois très prévisible et toujours imprévisible. À chaque moment, on se demande comment ça va déraper. On rit, nerveusement, car le film nous invite à cela, sans nous interdire de voir ses yeux se perler de larmes pour autant. Ces effets valent surtout pour la deuxième partie du film, car, à force, les répétitions finissent par ne plus faire d'effet : cela révèle une faille d'écriture, qui parfois s'attarde trop sur les mêmes "gags" et moins sur les autres personnages. On découvre cependant tous les aspects de cette maladie handicapante, qui ne se résume pas à balancer des insultes de manière incontrôlée (c'est d'ailleurs une petite part de gens atteints de ce syndrome seulement).
Cependant, le réalisateur, dans la veine du cinéma social anglais, a tendance à charger le scénario : s'il ne s'acharne pas dans le pathos (sauf dans l'introduction adolescente quand la maladie se déclare et qu'on punit ou harcèle ce garçon, déjà mal dans sa peau comme un ado, en croyant qu'il fait sa crise d'ado), c'est la dernière partie du film qui est mal équilibrée, alors même que c'est la plus intéressante à traiter. Elle est expédiée et se conclue par un écriteau. Le film retrouve alors les défauts des biopics : de trop vouloir coller à la vraie vie de son protagoniste. Le générique, en images d'archives du vrai John Davidson, sujet de films documentaires, va même remettre en question malgré lui l'idée même d'une fiction et interroger la performance, pourtant merveilleuse de précision, de Robert Aramayo, un acteur anglais et valide pour incarner un personnage handicapé.
Un bon film, mais qui aurait sans doute gagné à être plus équilibré.