Et si éduquer était la solution à nos problèmes ? Solution miracle qui permettrait d’éduquer notamment à la tolérance, maux matriciels des problèmes sociétaux d’aujourd’hui.
Ça vous paraît un peu utopique, trop hors sol, complètement déconnecté du monde pourri dans lequel on vit.
Eh bien, allez voir Plus fort que moi, profitez de ce petit bijou inspiré de la vie de John Davidson, atteint du syndrome de la Tourette et militant pour la reconnaissance et la compréhension de cette maladie par le plus grand nombre.
J’allais a priori voir Plus fort que moi parce que le côté humour presque slapstick que l’on voit dans la bande-annonce m’avait bien branché, mais je n’en attendais pas plus.
Et pourtant, ce qu’il ressort de ce merveilleux film, c’est une ode à la vie, à l’espoir, qui oscille en permanence, en parfait équilibre, entre comédie et drame.
Comme j’ai pu l’entendre par-ci par-là, le film est reçu par certains comme un énième film misérabiliste sur fond de film social déprimant et bien gris. Mais il me semble, au contraire, que Plus fort que moi, c’est tout l’inverse.
À commencer par la première scène du film, particulièrement chaleureuse, qui montre que Davidson est au plus haut de la société anglaise (c’est-à-dire aux côtés de la reine) et pose le ton du film : on va parler de ce que c’est, être atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, de la dureté de ce que peuvent vivre les gens atteints de ce syndrome-là, mais aussi de leurs réussites, de la joie qu’ils apportent et, indéniablement, du côté assez drôle qui ressort malheureusement de ce handicap.
Plus fort que moi ne tombe pas dans l’écueil du film justement trop tire-larmes, ou au contraire ayant peur de traiter le sujet de ce que c’est de vivre avec ce syndrome-là, et rien que pour ça, c’est à voir.
Puis, de fait, le côté humour est aussi parfaitement dosé et j’ai passé un vrai moment délicieux, avec des pointes de fou rire (désolé aux autres de la salle, oupsi).
Énorme big up pour le personnage de Dottie, mère adoptive de John, qui est le soleil incarné et qui redonne, je vous le jure, complètement foi en l’humanité par sa bienveillance, sa tolérance et sa capacité à traiter la différence comme un non-sujet car, à ses yeux, tout cela n’existe pas.
J’ai peut-être reçu le film à un moment où j’avais besoin de voir ça, je ne sais pas. Dans tous les cas, c’est un grand oui. Attention cependant, la toute première partie du film est peut-être un peu dure à réceptionner, mais elle me semble tellement nécessaire.
En bref, je ne peux que vous encourager à voir Plus fort que moi, en espérant que ça ensoleille autant votre semaine que la mienne !