Dans cette histoire de contrebande dans le port de Marseille, on y retrouve Jean Gabin, auréolé du triomphe du Grisbi, lequel est plutôt en retrait dans le film. Car je trouve que le véritable héros est celui de son coéquipier joué par Henri Vidal et une beauté incarnée par Andrée Debar.
Au départ, on propose à Gabin de renflouer un bateau qui a coulé à l'entrée du port, et qu'il vaut mieux enlever. Seulement, la découverte maritime va réserver quelques surprises, dont le corps sans vie d'une jeune femme.
Le film vaut surtout pour son ambiance, ses quelques scènes de dancing, et en particulier pour deux choses avant-gardistes pour l'époque. Tout d'abord une danse très suggestive d'une jeune femme qui se dévêtit, gardant le bas, mais dont la poitrine est couverte de cache-tétons. Ensuite, c'est la présence secondaire mais capitale de Léopoldo Francès, un acteur de couleur noire, mais sans que ça importe, je parle ici de racisme. Il y aussi deux scènes sous-marines que je trouve très bien réalisées, dont on apprend au génériques qu'elles ont été réalisées par un certain Louis Malle !
Enfin, c'est la crudité du dialogue, avec pas mal de gros mots et autres langages fleuris qui m'a également surpris pour un film de 1956.
Car pour le reste, il y a quand même beaucoup de problèmes : Jean Gabin qui semble en retrait, presque en-dehors de son rôle, des combats qui son parfois ridicules, où coincer la tête d'un méchant contre les grilles d'un portail suffit à le mettre hors d'état de nuire... On a du mal à reconnaitre l'Edmond T.Gréville de Remous, qui étonnait par ses audaces narratives et visuelles. Là, ça reste un polar correct, mais sans plus.