Certaines personnes ont une lumière qui brille en eux, pour les autres. Peut-être qu'ils étaient avant dans un tunnel et que la seule lumière qu'il y avait était leur lumière intérieure. Longtemps après qu'ils soient sortis du tunnel, elle continue de briller pour les autres.
Oui la citation peut paraître un peu mièvre, ni forte, ni dérangeante, ni poétique, mais elle livre quelque chose de tellement réel, que ce serait dommage de s'arrêter à la forme.
J'étais pourtant tellement sûre de détester ce film !
OK, ils nous mettent une obèse, noire, pauvre, autiste ou avec une déficience intellectuelle, on sait pas très bien, et elle est chargée de nous dire que la vie est belle, je vois le genre...
Mais c'est pas du tout ça.
Alors oui elle cumule, mais tous ses problèmes ont la même cause, et des Precious j'en ai connu, sans qu'elles soient aussi caricaturales physiquement, c'est pas un truc qui vient de la planète Mars ou qui n'est possible que scénaristiquement. C'est pas toute une collection de malheurs aléatoires qui fondent sur elle comme la misère sur le Monde pour noircir le tableau, ils ont la même racine.
Le film n'est pas aussi misérabiliste et larmoyant que certains le pensent, il n'est pas larmoyant du tout, il est résilient. Il n'est pas misérabiliste car il n'hésite pas à se moquer et même ridiculiser l'héroïne. Il n'est pas donneur de leçons ou plein de bons sentiments. Ça m'a touchée aussi parce que j'ai eu exactement le même genre de mère que Precious, ses rapports au père (pour ne rien dévoiler) en moins. Donc je trouve le portrait de fuite dans l'imaginaire extrêmement réaliste. Bien sûr il est aussi ridicule (mais va voir ce qu'il y a dans la tête des autres ado, tu vas aussi bien te marrer), mais c'est ce qui balance la sympathie qu'on a pour Precious. C'est ce qui rend cette sympathie supportable. On finit par l'aimer, et pour ma part, c'était pas gagné au début. C'est tellement mieux foutu que les films français qui veulent nous prendre par les sentiments. Évidemment qu'il y en a des Precious, dans le Bronx ou ailleurs. Et beaucoup. Arrêtez de dire que c'est trop pour une seule personne, c'est faux.
PS Il suffit de lire le pitch et de ne pas le voir si vous êtes allergiques aux histoires de résilience, c'est aussi simple que ça.