Après avoir été consternés par un Alien vs Predator : Requiem de triste mémoire, puis atterrés par les singeries de Shane Black avec The Predator, plus grand monde de donnait cher de la peau de la franchise du chasseur rasta le plus stylé de l'univers.
Encore moins quand le vilain Disney a racheté l'ensemble des joyaux de la couronne de la 20th Century Fox.
Sauf que les mauvaises langues auraient dû la tourner sept fois dans leur bouche avant d'assener des jugements péremptoires en médiocrité. Car surprise, Prey, sur la plateforme Disney +, venait opérer une quasi résurrection assez respectueuse du mythe et de son extra-terrestre mortel. L'apéritif que constituait Killers of Killers, quant à lui, a beaucoup plus divisé, mais le masqué y avait trouvé son compte dans son prolongement de Prey, son univers final à la John Carter, et dans les illustrations de ses prédateurs à travers le temps.
De quoi donner quelques gages, voire une certaine forme de confiance, avant le plat de résistance d'aujourd'hui, soit un Predator : Badlands qui promettait pas mal de choses.
Sauf que l'attention aurait dû être attirée, via ce sigle W qui, finalement, n'avait rien à faire dans l'univers de la franchise Predator. Mais cela ne constitue qu'une partie du problème à mon sens.
Car Badlands montre tout d'abord patte blanche, avec sa société à la spartiate qui tombe sous le sens, avec son principe d'élimination des plus faibles. Mais il y a des choses qui font tiquer à l'écran. Mais on ne sait pas tout d'abord mettre le doigt dessous, d'autant plus que l'on est assez vite propulsé sur la planète la plus dangereuse de l'univers, offrant un terrain de chasse des plus appréciables. Inhospitalier, à la After Earth, animé d'une faune et d'une flore variées qui ne veut que votre peau, l'environnement donne envie d'exploration en compagnie de l'alien chasseur et tout puissant.
Sauf que, mauvaise idée : Dan Trachtenberg oublie malheureusement qu'un Predator ne devrait chasser qu'en solo. Il lui fera donc rencontrer un énième synthétique, nouvelle marotte de l'univers Alien. Mais après le synthétique attardé de Romulus, on nous place cette fois-ci sa version moulin à paroles remplissant le vide de traits d'humour parfois douteux. Une drôle de compagnie, à vrai dire.
La chasse au trophée est l'occasion d'offrir quelques scènes très efficaces et spectaculaires, même si la gestion de la force du Predator s'avère parfois hasardeuse, tandis que les monstres locaux s'avèrent plutôt bien conçus et constituent presque tous une menace à la hauteur.
La chasse aurait pu être belle et virer au survival tendu si elle avait été menée dans le silence. Mais s'acharner à faire dialoguer le Predator, ou encore à faire équipe, le désacralise quelque peu, tout en lui donnant une personnalité et des enjeux soit transparents, soit parfois à l'opposé de la nature de l'extra-terrestre. Et puis, avouons-le, la totale absence de sang versée à l'écran (pratique, vu que l'on n'envoie que des synthétiques au casse-pipe), cela fait un peu tâche dans l'univers d'un chasseur hargneux et ultime, ne trouvez-vous pas ?
Predator : Badlands ose certaines choses et pistes. Il est loin de tout réussir. Au point que Dan Trachtenberg souffle le chaud et le froid sur son univers, enchainant une séquence inspirée avec un trait d'humour ou une référence au ras des pâquerettes. Tantôt saisissant, tantôt hallucinant dans le mauvais sens du terme, on perçoit une œuvre assez bancale et alourdie d'un cahier des charges ripolinant le Predator pour être accessible au plus large public possible.
La mauvaise idée, ici, est tant de faire de l'alien le héros d'un film que de lui prêter des sentiments humains. Jusqu'à lui faire ressentir de la compassion, ou encore le transformer en zoologiste à la petite semaine, voire en soigneur animalier d'une bestiole que l'on jurerait issue de l'univers Star Wars.
Les références à Lance Henriksen ou la mise en images d'un uber power loader auront beau filer de temps à autres un sourire, tout comme la générosité de l'ensemble, c'est tellement noyé de maladresses et parfois de fautes de goût que rien n'y fera pour sauver totalement l'ensemble.
Tandis que le Predator n'est plus celui d'antan, alors qu'il aurait dû seulement rester l'antagoniste ultime, invisible et silencieux, le boss final sur lequel le héros est voué à se casser les dents. Loin de l'alien-rasta-hipster d'aujourd'hui qui, avouons-le, n'arbore plus sa mythique gueule de porte-bonheur.
Behind_the_Mask, qui hésite à tirer la chasse