Je suis le premier à en avoir marre des remakes et des reboots à toutes les sauces, et c’est toujours intéressant de vouloir tenter autre chose. Mais en cherchant à humaniser le Predator, le film lui fait perdre sa raison d’être.
On suit ici Dek, un jeune Predator jugé trop faible par les siens, lancé dans une quête d’honneur qui ressemble davantage à un parcours initiatique maladroit qu’à une traque brutale. L’idée aurait pu être intéressante, mais elle se heurte à une contradiction fondamentale : un Predator sympathique n’en est plus vraiment un.
Le film tente alors de se rattraper en introduisant d’autres chasseurs, notamment deux androids joués par Elle Fanning. Si l’actrice apporte un vrai charme à l’ensemble, son double rôle met surtout en évidence un problème majeur : le véritable prédateur n’est plus l’extraterrestre, mais une machine froide et ultra-efficace, ce qui fait perdre à la saga ce qui faisait son identité.
Alors certes, il y a quelques moments rigolos et c’est fun de voir le Predator affronter un mecha, mais il n’y a ni véritable tension, ni violence assumée, ni enjeux clairs. Le film avance sur des rails jusqu’à une conclusion sans impact.
À force de vouloir se réinventer, la franchise autrefois portée par la peur et la brutalité, en oublie son essence et finit par s’auto-saboter.