Intéressante trajectoire que celle de cette saga. Malgré le côté

musculo-bourrin du premier opus (1987), la séquence finale restait

d'anthologie - ce duel dépouillé entre Schwarzenegger et la créature,

réduit à la boue, au feu et au piège, touchait presque au mythe.

La suite s'est renouvelée par embardées. Predators (2010) lorgnait

vers le jeu vidéo avec son arène planétaire et ses niveaux à franchir,

offrant un rôle à contre-emploi à Adrien Brody en mercenaire musclé.

Prey (2022) opérait le vrai pas de côté : transposition en territoire

comanche, épure formelle, héroïne intrépide incarnée par Amber

Midthunder - probablement le meilleur cru depuis l'original.


Badlands change radicalement de perspective : le super-vilain devient

protagoniste après avoir été renié par son clan belliqueux. Le film

propose une aventure feel-good où une équipe reconstituée affronte

diverses créatures et la cupidité humaine. Le pari est risqué - on

connaît ce tic hollywoodien contemporain qui réhabilite les figures

du mal en leur inventant une blessure originelle (Maléfique, Cruella,

Joker) - et il se paie d'une perte : le Yautja de 1987 fascinait par

son opacité, son code d'honneur étranger ; l'humaniser, c'est aussi

le domestiquer.


Reste que certaines images évoquent par moments l'œuvre de Léo (les

cycles aldébaraniens), avec ses créatures étranges et sa réflexion

sur la distance inter-espèce - même si le blockbuster peine à

retrouver la patience naturaliste du dessinateur brésilien. Elle

Fanning tire bien son épingle du jeu, apportant une touche espiègle

en robote humanoïde aux prises avec des problèmes d'identité... et

de jambes.


Bref, un divertissement recommandable. Mais si vous êtes novice,

commencez plutôt par Prey.

Francois-Hamon
6
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le 22 avr. 2026

Modifiée

le 22 avr. 2026

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Francois Hamon

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