Les films de rencontre du troisième type sont nombreux, du chef d'œuvre à la série B, et chaque fois y est abordé la confrontation entre l'homme et l'extraterrestre, l'autre, différent, que l'on ne connaît pas. Chaque fois y sont questionnés les rapports à l'altérité, à l'inconnu, la crainte qu'inspire ce qui est nouveau et non maîtrisé.

Avec Premier contact, Denis Villeneuve traite tous ces sujets mais pas que et c'est en ça que le film se détache nettement de ses comparses du genre.

Louise Banks est une linguiste de renom ayant récemment vecu un drame familial. Alors que des vaisseaux extraterrestres atterrissent à divers endroits de la planète, elle est sollicitée pour travailler avec Ian Donnelly, scientifique, afin d'établir le contact avec les aliens et identifier la raison de leur présence.

La trame de départ du film est tout ce qu'il y a de plus classique dans ce registre mais ce qu'en fait Denis Villeneuve est bien différent. Au-delà des peurs, de la menace redoutée, des enjeux géopolitiques, c'est à l'intime que s'intéresse le réalisateur. Pour ce faire, il réduit le nombre de personnages pour se concentrer sur ses deux protagonistes, ce qui les anime, les façonne. Au travers de flashback, de leurs actions et réactions face aux évènements dont ils sont acteurs, se dessinent progressivement des personnalités aux conceptions opposées mais que la foi, l'humanité et l'espoir réunissent.

Parallèlement, Villeneuve nous immerge dans cet univers scientifique autour de la linguistique, à tel point que la langue pictographique utilisée a réellement été conçue de bout en bout. Là encore, l'individuel fait écho à l'universel. La volonté et l'importance de pouvoir communiquer avec ces étrangers renvoient aux difficultés d'échange des pays entre eux puis des protagonistes. Alors, le langage devient l'arme suprême celle capable de désamorcer toutes les situations critiques, de solutionner les problèmes, d'aller de l'avant et plus encore...

Malgré une scène finale un peu démonstrative qui n'avait nullement besoin de tant d'emphase, reste un film visuellement réussi, thématiquement et formellement singulier à la BO signée Johann Johannsson fabuleuse

Un grand film, spectaculaire, riche, émouvant, brillamment interprété.

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le 25 oct. 2025

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