Devant ce Primate, les plus capés des cinéphiles sur le site déterreront sans doute les souvenirs embrumés de Link ou encore de Cujo.
Les plus jeunes ont souligné quant à eux le caractère de spin off de Nope, un petit sourire en coin.
La présence de Johannes Roberts derrière la caméra n'était cependant pas de nature à rassurer, surtout au regard de sa semi-plantade en plein Raccoon City, malgré le début de fidélité au matériau d'origine.
Mais à la fin d'une séance de Primate, on ne peut que ressortir de la salle avec la banane.
Pas que le film soit malin comme un singe, il faut bien l'avouer. Il se montre tout simplement d'une efficacité assez redoutable tant dans la tenue de sa tension, omniprésente, que dans ses explosions d'une violence généreusement gore.
Et puis, il va droit au but, dans un décor unique, le temps (presque) d'une soirée tournant rapidement au drame, le tout dans une forme de film de siège où la présence de Ben pèse lourdement, même quand le chimpanzé ne kidnappe pas l'écran.
Primate tient la promesse de sa bande-annonce angoissante et du l'aspect très sombre de sa menace, la chute dans l'abîme pouvant rappeler le très injustement mésestimé Brightburn : L'Enfant du Mal.
Son efficacité réalisera le miracle d'invisibiliser certaines facilités scénaristique, ou encore l'aspect costume de Ben en plus d'une occasion, trahissant parfois la modestie de l'entreprise. Mais le spectateur se prend au jeu, s'inquiète de la prochaine apparition d'un animal mi-enragé, mi-diabolique.
Faisant de ce Primate un film d'attaque animale simple et réussi, faisant passer un bon moment devant l'écran.
Son seul léger défaut, peut-être, sera de rapidement cantonner son antagoniste à sa seule fonction de menace. Alors même que Roberts aurait pu avoir une occasion de faire parler les poings, mais aussi le coeur de son primate, animal de compagnie contre-nature. Faire résonner son lien familial avec l'héroïne et ainsi créer un dilemme avec la partie sombre de l'aventure.
Soit un peu de substance émotionnelle supplémentaire qui aurait permis à Primate de réellement s'élever au dessus de la mêlée horrifique.
Il faudrait cependant se contenter de l'efficacité de sa violence et de son suspens.
Ce n'est pas au vieux Behind_the_Mask qu'on apprend à faire la grimace.