Primate
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Primate

Film de Johannes Roberts (2026)

L’éveil de la bête sous le vernis de la civilisation.

  • ​Je suis ressorti de la séance de Primate hier soir avec un sentiment de tension encore palpable. Pour tout amateur de cinéma de genre, cette œuvre s’impose comme une proposition formelle intéressante, même si elle n'évite pas certains écueils structurels. Je lui accorde une note de 7/10.

​La mise en scène au service du malaise

  • ​Ce qui frappe d’emblée, c'est la maîtrise de la photographie. Le réalisateur joue sur des clairs-obscurs étouffants, transformant le décor en un véritable labyrinthe mental. En salle, l’expérience sensorielle est totale : le travail sur le design sonore est d'une précision chirurgicale. On ne se contente pas de regarder le film, on subit son atmosphère pesante, rythmée par une bande-son qui souligne l’animalité des corps sans jamais tomber dans le surplus mélodramatique.

Une dualité fascinante

  • ​Le film brille particulièrement dans sa manière de traiter la régression de ses personnages. L’interprétation est habitée, presque organique ; on assiste, fasciné, à cette lente déconstruction de la civilisation au profit de l'instinct primaire. C'est un cinéma qui interroge notre rapport à l'éthique sans jamais verser dans le didactisme. La tension dramatique est savamment distillée, grimpant crescendo jusqu'à une catharsis finale d'une rare intensité.

Les limites du récit

  • ​Pourquoi cette réserve qui m'empêche d'aller au-delà du 7 ? Malgré sa puissance visuelle, le scénario manque parfois d'audace dans son écriture. Le second acte souffre de quelques longueurs et de passages obligés que les habitués du thriller psychologique reconnaîtront sans peine. De plus, si les protagonistes sont admirablement écrits, les rôles secondaires manquent d'épaisseur narrative, servant parfois de simples outils pour faire progresser l'intrigue.

En conclusion

  • Primate est une œuvre solide, portée par une direction artistique rigoureuse et un sens du cadre indéniable. C’est un film qui possède une véritable âme, même s'il reste parfois prisonnier de ses propres influences. Une expérience cinématographique marquante qui prouve que le cinéma de genre a encore de beaux jours devant lui.
DirtyVal
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le 24 janv. 2026

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DirtyVal

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