Les aficionados de la cuisine provençale connaissent forcément la daube à base de bœuf, d'agneau, de mouton, de taureau voire même de poulpe. Avec "Primate" de Johannes Roberts voici venue une nouvelle recette : la daube hawaïenne. Pour bien la rater, il faut Ben, un chimpanzé enragé, dont les effets spéciaux ont été concoctés par des stagiaires de 3ème. Il faut aussi une bonne grosse cuillère de bimbos en shorts, une pincée de queutards en chaussettes-claquettes et un zeste de père de famille malentendant adepte du langage des signes. J'ai déjà vu ça dans l'excellent "Projet X" de Jonathan Kaplan sorti en 1987. On laisse mariner le tout dans une immense demeure avec une piscine à flanc de falaise. Une piscine ayant toute son importance lorsque en prélude du film, avec solennité, on vient nous parler d'hydrophobie à l'origine de la rage chez les singes. Bref, on sent arriver la bonne grosse tuile cinématographique. Dommage, car à contrario des films de requins mangeurs d'hommes, les films de singes tueurs ne sont pas légion ces dernières années si l'on fait abstraction de la saga "La planète des singes". Les références en la matière sont : "Link" de Richard Franklin (1985) et "Monkey Shines" de Georges Romero (1988) ou encore "Congo" de Frank Marshall (1995). Pour en revenir à "Primate", son angoissant prologue laissait entrevoir l'espoir d'un récit plus furieux et violent qu'à l'accoutumée, c'était sans compter sur son casting mou du genou. L'ensemble devient vite pesant en attendant la seule vraie saillie gore qui arrive à la vitesse d'un gros escargot de Bourgogne asthmatique.
Sur la toile, le buzz faisait de "Primate", LE film d'horreur de l'année ? Putain !!! Je suis trop vieux pour ces conneries !