Venu du documentaire, Lance Oppenheim, ausculte dans "Primetime", avec un regard clinique, les dérives de la société du spectacle et cette fascination pour l’image qui finit par transformer la violence/la misère humaine en divertissement.
Le film est particulièrement intéressant lorsqu’il interroge notre propre voyeurisme.
Oppenheim jongle habilement entre malaise, glauque et humour noir. Son image vidéo, volontairement granuleuse et « sale » (avec ce format 4/3 qui devient de plus systématique dans les productions indépendantes), fait son effet, même si ce parti pris esthétique paraît parfois peu adapté pour un récit se déroulant en 2006 (on était déjà dans l'image numérique et pas dans cette esthétique VHS et typo de minitel).
Le casting fonctionne très bien (Merritt Wever et Skyler Gisondo, très bons seconds couteaux), avec un Robert Pattinson fascinant, qui confirme ici toute sa versatilité.
Tout n’est pas convaincant, notamment l'intrigue concernant l'infidélité du protagoniste, mais l’ensemble reste une plongée aussi dérangeante que stimulante dans les coulisses d’une télévision prête à tout pour faire de l’audience.
Et surtout, le film donne envie de prolonger l’expérience avec le documentaire récent consacré à cette histoire.