Le film Que ma volonté soit faite est une œuvre qui cherche clairement à privilégier le symbolisme, les métaphores et l’ambiguïté plutôt qu’un récit traditionnel apportant des réponses précises à toutes les questions soulevées. L’histoire suit Nawojka, une jeune femme vivant dans une ferme isolée avec son père et ses frères, persuadée d’avoir hérité de sa mère défunte un pouvoir étrange qui se manifeste lorsqu’elle éprouve du désir. L’arrivée de Sandra, une femme libre et provocatrice qui revient dans le village après une longue absence, agit comme un déclencheur et provoque une série d’événements de plus en plus troublants. Sur le papier, le concept possède un certain potentiel, notamment en mélangeant folklore rural, fantastique et drame psychologique. Malheureusement, le film choisit constamment de suggérer plutôt que d’expliquer, ce qui peut rapidement devenir frustrant. De nombreuses questions restent en suspens du début à la fin. Les morts inexpliquées du bétail, l’origine exacte des pouvoirs de Nawojka, les comportements parfois irrationnels des habitants ou encore plusieurs événements clés du récit sont laissés à l’interprétation du spectateur. Ce choix artistique peut séduire ceux qui apprécient les œuvres très symboliques, mais il risque également d’agacer ceux qui attendent une histoire plus structurée. Le personnage de Nawojka devient progressivement une figure presque mythologique aux yeux du village, tandis que Sandra semble être perçue comme une menace ou une incarnation du mal par une communauté profondément marquée par les croyances, les peurs collectives et les superstitions. Les accusations de sorcellerie, les réactions hostiles des habitants et certaines scènes étranges semblent davantage renvoyer aux vieux mythes ruraux qu’à une logique narrative classique. Le problème est que le film ne fournit jamais vraiment les clés permettant de comprendre clairement ces événements. Même la scène où Nawojka réapparaît nue après l’incendie semble avant tout pensée comme une image symbolique plutôt qu’une conséquence logique du récit. Visuellement, le film possède pourtant quelques qualités avec une photographie travaillée et une atmosphère inquiétante qui accompagne bien son univers rural. Mais l’ensemble reste extrêmement hermétique. À force de privilégier le mystère permanent, Que ma volonté soit faite finit par donner l’impression de poser davantage de questions qu’il n’en résout. Pour les spectateurs en quête d’une histoire claire et cohérente, cette accumulation d’énigmes et d’interprétations libres peut rapidement transformer l’expérience en véritable frustration.