Avec Rapaces, Peter Dourountzis semblait vouloir nous plonger dans l’univers trouble d’un thriller dramatique, où des journalistes « frappés » par une affaire semble vouloir aller fouiller là où personne ne va, tout cela mené par un casting de qualité. Malheureusement, le film prend son envol sans cap, ni destination claire, pour finir par s’écraser dans un récit confus et dénué de tension.
On cherche en vain un fil conducteur dans cette intrigue qui part dans tous les sens pour n’aboutir à rien. Le scénario, qui pourrait se résumer en trois lignes, est étiré artificiellement sur plus d’une heure et quarante. La narration, mal rythmée et mal construite, peine à maintenir l’attention et rend le visionnage laborieux. La tension, pourtant essentielle dans un thriller, est totalement absente. Pas de suspense, pas d’enjeu réel, pas même une once d’angoisse : tout semble plat, figé, prévisible. La mise en scène n’aide pas, plombée par une direction approximative et une musique omniprésente qui parasite plus qu’elle ne soutient.
À cela s’ajoute une galerie de personnages sans relief, auxquels il est impossible de s’attacher, même la soi-disant relation père-fille, facteur important de l’intrigue et source d’émotion n’est que superficielle. La seule scène qui retient un peu l’attention (celle du restaurant) échoue à relancer l’intérêt ou à enrichir le récit. Elle apparaît comme une parenthèse vide de sens, une tentative isolée de créer quelque chose… sans que cela n’aboutisse.
Quant à la fin, elle ne fait que confirmer la dérive globale du film : bâclée, décevante, et bien en dessous de ce qu’on est en droit d’attendre d’un drame/thriller digne de ce nom. En somme, Rapaces promettait un envol noir et haletant, mais ne propose qu’un survol confus d’un territoire sans intérêt. C’est la première fois depuis très longtemps que j’ai été pris d’une folle envie de quitter la salle avant la fin du film.