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Merci Netflix
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le 28 avr. 2025
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Bon, c’était extrêmement mauvais. Alors bien sûr, je ne m’attendais pas à grand-chose n’étant pas vraiment un super fan de Gareth Evans, ayant été vaguement enthousiasmé par le premier Raid, et ayant trouvé le second plutôt casse bonbon sans trop me rappeler pourquoi. Je crois que j’avais trouvé ça un peu trop premier degré et j’avais eu de la peine à me laissé emporter refusant de prendre la main de ses ambitions bien vaines. Bref, je m’étais fait chier.
Mais ici, Evans a clairement changé son fusil d’épaule et a visiblement renoncé à se prendre pour ce qu’il n’est pas. Il tricote donc une histoire édifiante en réunissant avec une certaine application les poncifs du genre comme ces dames d’un âge avancé crochètent des couvertures en assemblant de gros carreaux colorés. On a donc toutes les vignettes attendues quand le scénario de ce genre de film donne l’impression d’avoir été rédigé en jouant à un jeu de société un peu pourrave vendu sur Kiss Kiss Bank Bank du genre « Je réalise mon premier polar hardcore ». On a donc tiré la carte du flic bourru qui ne veut pas de coéquipière, celle de la coéquipière chinoise qui se tatane, celle du promoteur immobilier mafieux et corrupteur, la fameuse carte « grosse bagarre dans une boite de nuit », un paquet de cartes de tueurs chinois, masqués, en costume, on a aussi celles des flics ripous etc… Clairement, dès le début, le film est très clair et te rassure quant à ses velléités narratives : On en a rien à foutre et on fera zéro effort en soufflant dans le cul du pipo l’air connu du « allez on s’en tape de tout ça nous on est juste venu voir de la bagarre ».
Soit.
Mais c’est bien là le problème. Parce que la bagarre là, c’est 15 ballerines qui se tripotent, dont un asiatique avec une iroquoise décolorée pour faire un peu exotique, puisque le film est censé se dérouler en 1993. Après une poursuite en voiture qu’on a déjà vu dans Robocop et dans Terminator, mais ici dans une version pas très belle ni très spectaculaire, on a bien quelques claques qui volent - ambiance Depardieu dans un film de 1982 - avant d’avoir le grand bouquet final : Une fusillade vaguement rigolote, prélude à une plus grosse fusillade, pas vraiment plus rigolote parce que bon il commence à se faire tard et il va falloir penser à rentrer quand même. Bon, tout ça est un peu pimpé par l’idée punchy hardcore du film qui fait tirer 12 balles à ses protagonistes, là où normalement on en tirerait qu’une. Alors pourquoi pas einh, ça fait plus de bruit, du coup, ça aurait pu faire illusion.
Mais non.
Et c’est dommage, parce qu’il y avait tout même quelque chose d’assez singulier dans cette intrigue diaphane reposant sur une succession de clichés éventés et d’archétypes lessivés qui parvenaient presque à convoquer une atmosphère onirique, où l’encéphalo pourtant plat du spectateur pourrait se connecter à une sorte d'inconscient collectif en nous plongeant dans une sidération hypnotique où l’esprit aurait toute latitude au vagabondage.
Mais non, même en buvant du vin, c’était simplement à chier.
Reste Tom Hardy. Alors Tom fait « le bougon » pendant 1h10, puis ensuite il fait ses petits yeux perdus de chien battu. Une gamme de deux émotions qui était probablement un peu ambitieuse pour un film qui n’en demandait pas tant. Ils ont l’idée assez baroque de le vêtir d’une doudoune sans manche qui lui donne un petit air de proto boomer qui aurait abandonné son taf dans un bureau à la Défense pour s'en aller ouvrir un petit bar à tapas bio dans une ruelle commerçante de Nice. Je comprends pas trop l’idée mais pourquoi pas.
(Mais du coup le Tom avait plus l'air de sortir de la rubrique "Les petits plats dans l'écran" du 13h de France 2 que d'un film de bagarre hardcore...)
(Ce qui n'est pas idiot vu que le rythme cacochyme du film nous laisse penser que le public visé est le même que celui du 13h de France 2)
Le polar hardboiled camomille verveine Havoc a cependant l’intelligence instinctive de ne durer qu’1h20, voire peut-être 1h10 si tu clignes beaucoup les yeux. C'est court, mais je conseillerais quand même de faire autre chose pendant la projection. Genre aller faire ses courses, ou couper du bois pour l’hiver prochain. Havoc est un petit film de bagarre de niche, à réserver à ces gens qui disent « nan mais moi je suis venu juste pour le pif paf », vous savez, ces gens qui vont au resto et commandent entrée plat dessert mais te disent : « nan mais je suis venu juste pour les petits sachets de mayonnaise industrielle ». Ou ces gens qui vont à la mer, mais qui se baignent pas, ou ceux qui vont à des concerts avec des boules quiès. Après je dis ça j’ai bu une bière sans alcool l’autre fois chez un pote, je comprends tout à fait la démarche. C'est pour ça que je m'étais senti concerné par la bande annonce du film.
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