Important succès public en Australie, Red Dog se tient pourtant éloigné des chefs-d’œuvre d’un cinéma australien porté par de véritables artistes, de George Miller à Peter Weir en passant par Baz Luhrmann, trois cinéastes dont l’atout majeur est la force de l’imaginaire – puissance qui fait défaut ici. Il leur oppose une défilade de personnages à la truculence forcée, peinant à peindre une communauté d’immigrés issus des quatre coins du monde pour chercher du travail parce qu’il s’aveugle devant la beauferie machiste de ces hommes au grand cœur. Le chien rouge, dans tout ça, court le long des routes et déconcerte son entourage par son habileté et sa puanteur ; le film ne cesse de le décentrer, de le relayer au second plan d’une intrigue sentimentale cousue de fil blanc et mise en scène de façon publicitaire. Là réside donc, pour nous, l’unique intérêt du long métrage : voir s’agiter une heure et demie durant une carte postale parfois amusante d’un pays fort fort lointain où il fait très chaud. Peut mieux faire.