Il y a de quoi faire le plein de méfiance en découvrant le casting de Regarde et le duo Fleurot/Boon. Une comédie sur le remariage ? Vous n'y êtes pas du tout, avec ce synopsis qui part d'une situation très dramatique que l'on attend quand même mâtinée d'une bonne dise de tendresse. Le danger, là, viendrait d'un excès de pathos et c'est la bonne surprise de Regarde : on y pleure quasiment jamais, même si quelques vagues d'émotion apparaissent de-ci, de-là, et l'on rit plutôt de bon cœur, dans des registres très divers, y compris avec une certaine part de méchanceté, assez inattendue. De grâce, n'évoquons pas les comédies italiennes, mais on est assez loin de la lourdeur habituelle de nos bonnes vieilles recettes hexagonales. Le scénario tient la route et ne fait pas de promesses qu'il ne peut pas tenir. Autre qualité du film : sa belle image, il est vrai facilitée par la splendeur du spectacle de l'océan, du côté des Landes. L'amour rend sûrement moins aveugle que la maladie, mais il y a cependant un optimisme, nullement béat, qui prévaut dans le film et lui confère un caractère de feel good movie, qui n'était pas gagné sur le papier. Ajoutez un Dany Boon sobre, une Audrey Fleurot modérément flamboyante et un jeune acteur plein de promesses, Ewan Bourdelles, et vous obtenez un produit sans grumeaux et parfaitement comestible.