Emmanuel Poulain-Arnaud filme dans Regarde la lumière qui s’éteint, lentement, dans les yeux d’un adolescent. Milo n’a que quatorze ans, mais déjà son horizon se rétrécit. Le diagnostic est irrévocable : il deviendra aveugle. Alors ses parents, Chris et Antoine, séparés, usés par les disputes, sont contraints de marcher ensemble, une dernière fois, du même pas. Direction Hossegor, ses vagues, ses embruns, pour offrir à leur fils les ultimes images qu’il pourra emporter en mémoire.
Le film choisit la douceur tragique plutôt que le mélodrame tonitruant. Audrey Fleurot incarne une mère tendue, une force fragile prête à exploser pour retenir la lumière encore un peu. Dany Boon, loin de ses registres habituels, compose un père gauche, mais habité d’une pudeur émouvante. Entre eux, Milo devient le centre, l’aimant invisible qui réunit ce qui s’était défait.
Regarde interroge : que transmettre avant l’obscurité ? Les paysages d’une côte, les gestes d’un quotidien, le sel d’une étreinte ? La mise en scène ne se prive pas de clichés, mais par instants, elle touche une vérité universelle, celle qui s’écrit dans le silence plus que dans les dialogues.
Film inégal, parfois convenu, Regarde reste traversé d’instants justes, lumineux comme des éclats de fin de journée. On en sort avec ce goût étrange d’un drame imparfait, mais sincère. Un film qui mérite, malgré ses faiblesses, un regard — peut-être le dernier — mais un regard qui compte.
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