La bande-annonce de Regarde avait rendu le masqué curieux.
Sans doute voulait-il y retrouver son lot d'émotions, voire de poésie, dès lors qu'il s'agissait a priori d'imprimer dans la mémoire quelques belles images avant que la maladie ne s'impose.
Malheureusement, Regarde ne remplit le contrat qu'à moitié. Loin d'être raté, le film se laisse même suivre. Il n'ennuie jamais et livre à l'occasion quelques jolies scènes. Mais il faut aussi reconnaître que l'oeuvre ne voit souvent pas plus loin que le bout de son nez.
Car jamais il ne déviera du programme désormais classique réservé à chacun de ses personnages, dès lors que les parents vont inévitablement se rabibocher, tandis que leur ado fera immanquablement prospérer son amourette.
Car jamais il ne proposera une once de surprise dans ce qu'il propose, ou encore une réflexion sur ce qui attend la famille qu'il met en scène.
Audrey Fleurot, Dany Boon et leur enfant de cinéma ont beau donner tout ce qu'ils ont, aucune image ne reste tout simplement en mémoire, un comble au vu du sujet alors que l'oeuvre aurait pu embrasser une certaine forme de liberté, voire de folie.
Au point que Regarde adopte toute la sagesse d'un écolier d'établissement catholique, qui s'appliquera à investir chaque archétype, chaque situation archi rebattue, chaque dispute qui permet bien sûr d'ouvrir les yeux, et chaque réconciliation bienheureuse.
Mais Regarde n'est jamais désagréable, tout en se disant qu'il avait pu être tant d'autres choses dans les mains d'une personne plus inspirée. Et quand le film s'attarde un tout petit peu sur une scène de surf baignée de toute la lumière du couchant, on se dit qu'il va enfin livrer son véritable climax, profiter de toute la magie de l'instant pour mieux l'encapsuler, surtout quand il est vu par les yeux de son personnage principal. On se dit qu'il va garder dans son coeur ce précieux moment, amoureusement, et en fétichiser toute la poésie.
Mais non.
Le message que souhaite faire passer Regarde est louable, d'autant plus qu'il se prive de tout pathos disgracieusement étalé. Mais il ne va tout simplement jamais au-delà de ce qu'il semble s'être assigné. En ne faisant que survoler des thématiques qui auraient pu être passionnantes si elles avaient été creusées.
Le masqué, lui, attendait seulement que son petit coeur batte un petit peu plus rapidement pendant une heure et demi. Mais peut-être en attendait-il tout simplement trop.
Behind_the_Mask, qui ne voit plus grand chose.