Ayant apprécié Symphonie pour un massacre du même Deray avec le même Charles Vanel, je découvre ce Rififi à Tokyo tourné la même année, à la veille des Jeux Olympiques de 1964. Il parait que Deray aime filmer les villes. C’est en tout cas ce que son producteur précise dans le bonus du DVD. Et c’est effectivement ce qu’il fait de mieux dans ce rififi tokyoïte. Chaque plan de la capitale japonaise, encore populaire et moins peuplée, est superbement photographié et filmé. Commerces, enseignes, ruelles, moyens de transport variés, population, tout est vivant, précis, naturel. On aurait envie de voir ainsi filmé un documentaire sur ce Tokyo, relevé de la guerre et cette société se préparant à basculer dans l’ère moderne.
Mais l’objet du film est de raconter la mise en place et l'exécution d'un casse. Cet aspect rififi par contre est beaucoup moins intéressant. L’intrigue alambiquée à l’extrême hésite entre polar sans grand intérêt, mélodrame sentimental mou et lutte avec un gang de japonais caricatural. Tout cela est confus, sans grande fluidité de récit et très peu crédible ; la mise en scène est terne, le jeu des acteurs poussif, et Vanel semble totalement décalé et inapproprié dans cette histoire et cet environnement.
Rififi à Tokyo a beaucoup de mal à soutenir la comparaison avec les modèles du genre antérieurs que sont Le Doulos de Melleville sorti une année plus tôt, Du Rififi chez les Hommes de Jules Dassin tourné en 1955, ou encore Quand la Ville Dort de John Huston de 1950.