J'ai beau être un grand fan des deux premiers "Ripoux", je n'avais encore jamais osé me coltiner ce troisième opus, tant sa sinistre réputation m'avait toujours refroidi jusqu'à présent.
Mais il arrive un moment où un cinéphile doit prendre ses responsabilités, et se conduire comme un homme, un vrai!
Sorti presque 20 ans après le film initial, "Ripoux 3" apparaît d'emblée comme une suite tardive et opportuniste, qui tente maladroitement d'associer nostalgie et innovation.
Le premier acte dédié à la nostalgie constitue la meilleure part du film - la moins mauvaise, disons.
La mélodie de Francis Lai fait toujours son petit effet, et on ressent un certain plaisir à retrouver François Lesbuche (Thierry Lhermitte) et surtout René Boirond (Philippe Noiret) sur sa péniche, même si les 73 ans du comédien se font sentir à l'écran (il décédera 3 ans plus tard).
Après Régine et Line Renaud, c'est désormais Bernadette Lafont qui veille sur les vieux jours de l'ancien flic, tandis que Jean-Luc Bideau succède à Julien Guiomar et Michel Aumont dans le rôle du commissaire.
Le personnage de Jean-François Balmer est une trouvaille sympathique, à l'origine des scènes les plus amusantes ("Alors, René, on dépense l'argent du ménage?!")
Mais la véritable nouveauté de ce troisième volet, toujours réalisé par Claude Zidi, c'est l'arrivée d'un troisième larron dans l'équipe, en la personne de l'inénarrable Lorant Deutsch, histoire de draguer la jeune génération.
Dès l'apparition de ce personnage hyper caricatural (associé à l'horripilante Chloé Flipo dans le cadre d'une bluette insipide), le film part à vau l'eau, se vautrant dans la bouffonnerie de mauvais goût, avec gags débiles et répliques à deux balles.
Il faut dire que Zidi et ses fidèles collaborateurs à l'écriture, Didier Kaminka et Simon Michael, signent un scénario complètement à la ramasse, tirant le film vers la comédie d'action franchouillarde, et se soldant par un braquage final aussi absurde que bancal, avec gadgets à la James Bond et explosions factices en série.
Bref, comme prévu, "Ripoux 3" est un naufrage, une suite ratée qui pousse le mauvais goût jusqu'à confier un rôle secondaire à Laurence Boccolini - grande prêtresse à l'époque du jeu télé " Le maillon faible".
Une triste fin pour "Les ripoux", même si Claude Zidi tentera une dernière fois d'exploiter le concept, avec un pilote de série intitulée "Les ripoux anonymes", qui ne connaîtra pas le succès escompté.