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Roma est un film dôté d'un étonnant mélange de style entre cinéma mexicain et italien (ici plutôt voulu comme hommage aux plus grand cinéastes tels que Fellini ou Visconti).
Cela aurait pu se transformer en une réussite, si le tout était accompagné d'attachement et de pitié envers les protagonistes. Ici, Cuaron dresse un portrait du Mexique, pauvre, détruit et assez vide, mais c'est en réalité une simple excuse pour permettre au film d'introduire ici l'image d'un film faussement italien. Cuaron voulant déclarer son amour et sa passion au cinéma italien, la rendue sans âme, ce qui est tout l'inverse des films de Fellini, qui dresse un portrait peut-être aussi pessimiste mais avec un attachement et une passion dévorante pour les acteurs /actrices, qui crèvent l'écran, tout cela mélangé à une métrise complète de l'image, des silences et de l'esthétique. Dans Roma, on y trouve un cinéma trop bien présenté, trop bien préparé et même totalement travaillé, mais cette perfection, va finalement ronger le film de l'intérieur car, si l'on part du principe que c'est un film qui s'inspire grandement du cinéma italien et bien, la perfection ne devrait pas passer que par l'esthétique du noir et blanc à la longue un peu nauséabond, mais bien plus par des plans mettant en valeur le personnage. En effet ici, Cuaron ne met jamais en valeur le personnage principal, bien que montré comme complètement docile et surtout effacé , cela ne donne pas envie de ressentir de la pitié à son égard. Aucuns gros plans, hélas ce qui faisait le charme des films tel que La Strada ou Le Guépard. On note tout de même une certaine réussite au niveau de l'esthétique du film, qui malgré son côté ventard, reste sublimé par des scènes d'une beauté incroyable.
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