Attention cette critique contient des spoilers.
Sous ses airs de film romantique, Rouge cache en fait un récit assez surprenant. Comme Amours déchus avant lui, le métrage marie les genres (romance, comédie, fantastique ici) avec tact.
Les allers et retours entre les époques, après avoir créés la surprise pour qui n'aurait pas lu le synopsis, s'opèrent adroitement et ne viennent jamais s'encombrer d'étapes qui dans un autre film aurait étés des passages obligés (la découverte de l'écart technologique par exemple). Par la différence de traitement visuel entre passé (années 30) et présent (années 80) le film se teinte d'une légère nostalgie.
Le film s'attache à longuement décrire un amour passionnel, pour finalement contrebalancer ce tableau idyllique de deux manières. D'abord de manière assez attendue dans la conclusion de son intrigue principale, avec une très jolie scène finale. Mais surtout, plus finement et encore plus joliment dans le traitement du couple moderne qui, en opposition au couple du passé, se contente d'un amour peu démonstratif, routinier mais finalement très beau.
Formellement, le film est réussi sans être aussi maitrisé que d'autre films romantiques de la scène Hong-Kongaise. Mais il bénéficie d'une Anita Mui à la présence vaporeuse parfaitement dans son rôle.