Gabin monumental, Audiard trop bavard : Rue des Prairies tire en longueur !

  • ​J’ai récemment revu Rue des Prairies, ce film de 1959 avec l’immense Jean Gabin, et je dois dire que mon sentiment est assez mitigé, d'où mon 6/10.
  • ​Ce qui m’a le plus frappé, c’est le portrait qu’il dresse de la France populaire de l'après-guerre. J’ai trouvé l’immersion dans le quotidien de la famille de Henri Neveux, un homme simple qui élève seul ses trois enfants, très juste et touchante. Gabin est magistral, comme souvent. Il incarne parfaitement ce père, bourru mais dévoué, qui trime pour ses gosses. Ses scènes avec les enfants, notamment Marie-José Nat (Odette), sont pleines d’une authenticité que j’apprécie énormément dans le « cinéma de papa » de cette époque.
  • ​L’histoire, d’un drame familial au procès qui s’ensuit, a un charme certain et parle de thèmes universels : la paternité, le sacrifice, et le jugement social. C'est là que le film marque ses points : il est émouvant et honnête dans sa peinture des relations.
  • ​Cependant, le film s’alourdit à mon sens. Les dialogues de Michel Audiard, que j’adore d’habitude, m'ont paru ici un peu trop « écrits » pour le personnage de Gabin. Henri Neveux est censé être un ouvrier, et parfois, les répliques sont si ciselées et spirituelles qu'elles nuisent à la crédibilité du personnage. L'artifice prend le dessus sur le réalisme. C'est un peu comme si le film s’arrêtait pour laisser Gabin balancer une phrase culte.
  • ​De plus, si la première partie est réussie, la seconde, notamment le procès, tire un peu en longueur et devient un peu trop démonstrative. J'ai eu le sentiment que les scénaristes ont surchargé le récit pour le rendre plus dramatique, ce qui a rendu l’ensemble un peu moins fluide et, paradoxalement, un peu moins crédible.

En conclusion

  • Rue des Prairies est un film qui mérite d'être vu pour la prestation de Gabin et sa valeur de document social sur le Paris des années 50. Il a de grands moments d'émotion, mais son manque d'équilibre entre le cinéma populaire et les exigences d’un scénario trop chargé le maintient pour moi dans la catégorie du "bon, mais pas excellent". Un 6/10 honnête.

Créée

le 14 déc. 2025

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DirtyVal

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