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Running Man d’Edgar Wright est la seconde adaptation du roman homonyme de Stephen King (que je n’ai pas lu) après celle de Paul Michael Glaser (que je n’ai pas vu). Je regarde donc Running Man comme un film d’Edgar Wright. Comme le film américain d’un metteur en scène anglais de personnages issus de la classe populaire. Cette fois, c’est un ouvrier, renvoyé pour avoir dénoncé les agissements de son employeur, qui est au premier plan. Devenu professionnellement persona non grata, Ben Richards – c’est son nom – n’a désormais d’autres choix que de candidater à un jeu télévisé, comme certains s’engageraient à l’armée. Il se soumet alors à un test de sélection en forme de bilan de compétences, chaque épreuve rappelant une expérience professionnelle passée que valorise le montage de la séquence. Edgar Wright se place formellement du côté de Ben. Il requalifie cinématographiquement les compétences de son personnage. Mais les téléspectateurs du jeu, manipulés par un montage de la réalité qui le présente comme un parasite social et un ennemi à abattre, lui sont hostiles. Ben découvre alors l’étendue du pouvoir de Network, entreprise médiatique dont le nom même porte les ambitions totalitaires. Pour lui, il sera donc moins question de survivre au jeu que de mettre en échec un système médiatique hégémonique. Ce qui fait de Running Man un film sincèrement anarchiste, bien qu’il abandonne trop facilement certains enjeux sociaux (la participation active des citoyens à la délation des candidats est esquissée et jamais exploitée). Car il ne faut pas oublier que Running Man est une production à 110 millions de dollars : il est donc nécessaire pour le studio de rentrer dans ses frais. Du rythme. Du spectacle. C’est ce qu’offre ce film. Mais au moins, Wright ne brade pas totalement sa sensibilité aux exigences hollywoodiennes.
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