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Remaker un chef-d’œuvre est toujours risqué, surtout quand l’original s’appelle Sabrina, qu’il est signé Billy Wilder, et qu’il repose sur l’aura d’Audrey Hepburn, l’élégance distante de Humphrey Bogart, et l’ironie sociale parfaitement dosée des années 1950. En 1995, Sydney Pollack, pourtant réalisateur aguerri, tente l’aventure. Le résultat ? Un film long, lisse, et désespérément fade.
Là où Wilder jonglait avec satire, charme et mélancolie, Pollack aligne les scènes avec une gravité qui frôle l’ennui. Les thématiques sociales, centrales dans l’original, sont ici édulcorées au profit d’un romantisme banal et prévisible.
Julia Ormond, censée succéder à Hepburn, compose une Sabrina plus irritante qu’envoûtante. Son jeu appuyé, jamais vraiment sincère, empêche toute forme de magie. Harrison Ford, de son côté, n’a ni la lassitude romantique ni le mystère de Bogart. Le triangle amoureux devient mécanique, sans tension.
Et puis il y a Paris. Autrefois métaphore poétique, elle devient ici décor de carte postale. La partie française du film, entre clichés culturels et fausse sophistication, enfonce un peu plus ce remake dans le confort fade du cinéma de studio.
Sabrina version 1995 n’est pas un naufrage total, mais c’est l’exemple parfait du film qui n’a aucune raison d’exister, sinon pour rappeler à quel point certains classiques sont, en réalité, intouchables.
Créée
le 2 août 2025
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