De l'actioner DTV pour qui veut éviter de se griller trop de neurones, tout comme nous le vend Nanarland. Billy Blanks assure le show grâce, certes à ses bonnes compétences martiales, mais surtout à une coupe de cheveux qu'il a dû être le seul au monde à pouvoir porter avec classe. Et puis quelle subtilité dans ses méthodes d'infiltration de l'académie virtuelle : il se grime afin de se fondre dans la masse (il ouvre ses deux couches survêt' pour dévoiler ses pec'), passe d'emblée au niveau maximal lors du test d'entrée (et a donc logiquement terminé la formation pour laquelle il s'inscrit) puis file prendre contact avec son indic'... en plein milieu du couloir.
Un indic' interprété avec bogossitude par Mr Merhi qui casse les mots de passe informatique avec le brio typique des hackers des 90's (à savoir je tapote mon clavier en racontant n'importe quoi). En face de notre team, le grand méchant Warbeck est assez délectable dans sa mégalomanie qui trouve tout de même une vague justification finale mais que je préfère passer sous silence pour vous motiver à regarder le film... Parce qu'il le vaut bien ! Quantité honorable d'action (à la fin, Billy défonce des mecs des heures durant sans jamais trop se reposer ; y'a bien que son propre frangin pour lui opposer une réelle résistance) assortie d'une bonne rasade de débilité virtualoïde qui lui assure son statut de nanar sympa. Tout ce qui touche aux bastons numériques est d'un ridicule fini (putain, la boxe du clown ivre !!), sans parler des nombreux décors d'une laideur impensable (le ring dans l'espace, le Panthéon avec son réacteur chimique, etc.). C'est donc peu dire que le jeu vidéo tiré du film me fait rêver.
Avis d'octobre 2025
Appréciable revisionnage de Sans pitié ni pardon, alias Expect no Mercy, actioner canadien des 90's, dans sa magnifique restauration HD éditée chez Vinegar Syndrome. Le film rassemble l'impayable duo Billy Blanks et Jalal Merhi qui doit ici démanteler une école d'arts martiaux utilisant la réalité virtuelle pour masquer ses opérations d'assassinat. A sa tête, le démiurge mégalomane Warbeck qui colle sa tête en grand sur des affiches pour assurer son culte (Wolf Larson, parfait de cabotinage jusque dans la permanente et le regard halluciné).
L'emploi de la VR autorise toutes les débilités, en sus de donner des looks improbables aux combattants équipés. Le film lorgne clairement du côté du jeu vidéo, au point d'avoir accompagné sa sortie d'une authentique déclinaison vidéoludique qui en reprend les personnages : le résultat est une repompe sans vergogne de Mortal Kombat, en bien plus malade visuellement, mais il semble qu'il ait finalement rapporté plus d'argent que le film lui-même !
Sans pitié ni pardon bénéficie du fort capital sympathie de ses acteurs (à noter une apparition de Lazar Rockwood, le sous-Billy Drago) et du caractère totalement nawak de son récit qui lui permet d'atteindre un statut honorifique de gentil nanar. Billy est marrant dans son côté anti-tech qui préfère la bagarre à l'ancienne et le coup de pied dans les portes plutôt que l'emploi de carte magnétique. Le réalisateur s'autorise par moments quelques envolées stylistiques, mais il faut globalement se contenter de plans fonctionnels. Une petite baisse de régime à signaler aux 2/3, compensée par un final qui repart à la hausse.
L'édition BR de VS est très fournie : Jalal Merhi et Billy Blanks reviennent sur la construction du projet (Billy est très content de s'être acheté sa première maison avec son cachet), Zale Dalen est fier de sa réalisation en dehors du rendu de l'explosion finale, et Anthony DeLongis parle, pépouze sur son balcon devant un panorama splendide, de sa méthode d'utilisation martiale du fouet (ce qui lui a ouvert des portes hollywoodiennes pour entrainer Catwoman ou Indiana Jones). On trouve également l'intégralité du jeu vidéo (avec Scott Hogarth dans la pub !) et deux commentaires audio (!) que je n'ai pas encore écoutés.