Difficile de faire l'impasse sur Triangle of sadness, tant Send Help en est la décalcomanie. Ce n'est pas seulement l'intrigue générale qui est reproduite. Les rebondissements comme la conclusion sont similaires à celles du film de Ruben Östlund... Ce qui est un minimum gênant vu que Send Help n'est pas présenté officiellement comme un remake, mais bien comme une création originale. Il faut donc réussir à faire l'impasse sur cet éléphant dans la pièce si on veut l'apprécier.
Si on y parvient, en dépit que les deux films soient quasi identiques sur le papier, leur ton est largement différent. En bon réalisateur pop-corn, Sam Raimi en rajoute des caisses côté outrance et hémoglobine. Et l'humour déjà présent dans le film de Östlund est à l'avenant dans la surenchère : omniprésent et, ici, franchement gag.
De fait, on rigole beaucoup. D'autant que les deux personnages principaux sont très bien interprétés, et que les acteurs en font des tonnes pour dérider le spectateur. Donc ça fonctionne même si le film est d'un grand-guignol assumé ; voir Rachel McAdams ressemblant à certains moments à un démon carrément sorti de Evil dead... Mais tout bourrin qu'il soit, Send help - qui a lui-aussi son petit message à délivrer - apparaît quand même plus subtil que prévu. Son petit théâtre gore soft réussit à mettre en scène l'hypocrisie d'une façon assez maligne. Donc, tout ça se laisse voir avec beaucoup de plaisir.