Ça faisait pas loin de 20 ans que je n’avais pas vu un film de Sam Raimi. Il faut dire qu’il avait l’air perdu dernièrement dans le multivers foireux de Disney/Marvel. Cette fois, c’était écrit « comédie horrifique » alors le nostalgique en moi n’a pas pu résister.
Linda est une bosseuse hors pair dans une boite d’on ne sait quoi, gérée par un gros con de masculiniste ingrat. Pour s’évader, Linda rêve de participer à Survivor/Koh Lanta et se passionne pour la survie en milieu hostile. Ça tombe à pic, comme l’avion qui va se crasher à côté d’une île déserte, la laissant seule avec son connard de boss. Alors, c’est qui le patron ?
L’introduction dure pas loin de 20 minutes et nous présente une galerie de personnages assez repoussants. Quand, comme moi, on ne sait pas de quoi le film va parler, on se demande où on nous mène. Et effectivement, c’est sur l’île que tout commence. Le chef est un pathétique abruti et Linda se révèle être une Machiavel en débardeur cracra. On sent qu’il y a une proie et un prédateur mais on ne sait pas bien à quelle fin. Du coup, c’est bien un thriller oppressant et le suspens nous suit tout du long. C’est effectivement aussi une comédie avec de vrais moments hilarants. C’est tout autant un film d’horreur dans le sens où la violence est plutôt graphique et explicite. C’est enfin un pamphlet féministe … ou pas du tout. Car il y a bien une ambiguïté dans cette histoire. L’homme est-il abusé par son sentiment de toute puissance genrée ? Ou alors, la femme est-elle une louve pour l’homme ? Si une bonne partie du film se moque ouvertement des réflexes misogynes de monsieur, la fin bat en brèche l’idée que madame serait une oie blanche, pure et bienveillante. Bref, dans cette guerre des sexes, on rend coup pour coup et peut-être que le fond a moins d’importance que le fun de la forme. On saluera au passage la bonne partition de Danny Elfman, la mise en scène dynamique et surtout l’interprétation habitée d’une Rachel McAdams méconnaissable.
Donc ? Un très bon moment ! C’est une petite surprise fraîche et percutante qui fait espérer le retour d’un Raimi moins corseté, sachant choisir ses projets.
>>> La scène qu’on retiendra ? Probablement cette scène où le boss est paralysé, moment parfait pour résoudre le problème de fond de la masculinité toxique. On rit fort tout en grinçant des dents !