En 1866, alors que Venise est encore sous contrôle autrichien, une comtesse italienne s'éprend d'un lieutenant qui est considéré entre guillemets comme un ennemi.
Dans sa carrière, Luchino Visconti aura souvent observé l'histoire de son pays par le prisme de l'amour, et c'est également le cas ici, pour la première fois d'ailleurs. Pour ce faire, les grands moyens sont à l'écran, avec des décors majestueux, des figurants à perte de vue, et une très belle utilisation du Technicolor, et tout cela ramené à cette histoire tragique entre deux personnes qui n'auraient pas dû s'aimer. En l'occurrence Alida Valli et l'acteur américain Farley Granger, ce dernier étant un choix judicieux de casting car il représente l'ailleurs dans ce que voit cette femme de cet homme beau et ténébreux. Mais au fond, ce qui m'a freiné dans cette adaptation d'une nouvelle, c'est que ça reste d'une grande froideur, et que l'émotion est pour ainsi dire quasiment absente, si on excepte la fin, mais il faut attendre jusque là pour vibrer un peu.
Etrange, alors que pour deux de ses films ultérieurs, Rocco et ses frères ainsi que Le guépard, je reste ému, mais là, Luchino Visconti s'est-il laissé enivrer par les moyens aux dépens de sa passion amoureuse ? Petite déception en vue, mais je n'en garde pas moins une grande estime pour ce réalisateur.