Très bien réalisé (sauf dans les -quelques rares- scènes d’action…) et profitant d’une ambiance glauque et poisseuse, Seven ne parvient pourtant pas à faire de l’ombre au Silence des Agneaux (référence du thriller sinistre) car tout y est beaucoup trop orchestré, plié, déformé et ajusté pour le grand bouquet final à la manière désobligeante d’un certain Usual Suspects…
Ainsi, le scénario victime d’une telle contrainte afin de faire la part belle -la part du lion- au tout puissant machiavélique psychopathe ne cesse de trébucher au fil des jours et des meurtres successifs : non, ce merdier ne tient pas debout du tout !
Les effets de manches et les lapins qui sortent du chapeau (ou d’une boîte), pourquoi pas, mais pas au point de prendre les spectateurs pour des cons, car ça commence à se voir -on n'est pas complètement cons. Quand même.
Ce qui n’empêche pas d’apprécier ce vieux barbon de Morgan Freeman -qui n’était pas si vieux à l’époque !- dans son rôle habituel du flic philosophe au bord de la retraite, ni bien entendu le brillant Kevin Spacey dont la réputation n’est plus à faire.
On apprécie beaucoup moins l’erreur de distribution par contre, non les deux erreurs en fait : Gouinette Paltoc et surtout Brad Pitre, dépassé par les évènements de la première à la dernière image de la pellicule. Seven tout en restant intrinsèquement un 'bon' polar sur le papier -quoique trop complaisant dans sa morbidité- est un film foireux, résultat logique de sa prétention quasi-infinie qui tourne décidément trop en boucle sur lui-même, hélas !