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Branle bas de combat
Donc après le trip ces pauvres flics (Polisse), ces pauvres handicapés (Intouchables), ces pauvres danseuses (Black Swan), ces pauvres bègues ( Le Discours d'un roi), ces pauvres dépressifs...
le 14 déc. 2011
Ma question est: comment tant d'incompétence passe pour du cinéma d'auteur?
Voila un film sur l'addiction sexuelle, sujet dont les scénaristes ne connaissent RIEN: leur postulat est que la dépendance à la pornographie et au sexe entraîne un retard émotionnel et des difficultés à établir des liens; d'accord mais c'est une banalité que tout le monde connaît, alors que racontez-vous de plus precis sur ces symptomes? Rien? Rien. Soit. Mais alors si vous n'avez rien a dire, au moins ne dites pas n'importe quoi. Par example, un sex-addict n'est pas un beauf qui tire son coup de facon conventionelle et traine sur des sites pornos mainstream ! Un addict, peu importe son poison, cherche un high toujours plus intense. Non seulement sa perversion ne peut aller que de plus en plus loin dans la dégénérescence, mais un addict est aussi (et surtout) prêt à tout pour son fix quotidien, perdant toute dignité et prenant des risques inouïs qui amenent la tragedie. Alors comment les auteurs de ce film nullissime peuvent-ils être aussi ignorants de leur sujet ? N'ont-ils meme pas pris la peine de visionner un quelquonque documentaire?
Non seulement ils ignorent tout du sujet, mais ils ne maîtrisent même pas leur propre métier de scénariste : aucun rebondissement, aucun moment clé, aucun développement de personnage, une intrigue forcée, et un dénouement copié-collé de n'importe quel autre film similaire apres deux heures de sur-place narratif. Comment parvient-on a vendre ce film transparent et denué de tout contenu éduqué comme un film d'auteur digne de votre attention?
Je comprends que les gens soient aujourd'hui généralement idiots, mais là, ils s'enthousiasment plus que d'habitude, à en juger par le nombre de critiques dithyrambiques. Peut-être est-ce parce que ce film leur parlent pour une fois direcement d'EUX-MÊMES, cette génération d'accro au sexe élevés à la pornographie et dont toutes les pensées sont tournées vers une forme ou une autre de perversion sexuelle ? Bref, je vous invite a eviter cette daube. Si a tout hazard vous voulez quelques détails supplementaires, alors continuez a lire ci-dessous.
Le film consiste en un court-métrage de 10 à 15 minutes grossi avec un remplissage interminable (des dizaines de scènes de sexe tres vanila et tres beauf, au ralenti, des plans-séquences d'un ennui mortel où l'acteur fait son footing dans New York, où l'actrice chante une chanson au ralenti, etc.). C'est présenté avec une réalisation « d'auteur », c'est a dire shaky-cam qui s'attarde sans fin sur des plans d'une stupidité abyssale "style film d'auteur". Et la dessus on vous rajoute une bande son chic et huppée pour un effet incroyablement pathetique.
En ce qui concerne le script, ces "auteurs" pretendent faire un film sur un accro au sexe, et sous couvert d'une demarche de realisme, ils racontent l'histoire d'un beau gosse au corps de rêve qui fait craquer toutes les femmes au premier regard et qui passe tout le film à coucher avec des beautés à couper le souffle! lol.. Mieux vaut en rire! Ils rajoutent aussi la fin tragique car ça fait chic. Et voilà ! En ce qui concerne le remplissage entre le debut et le fin, ces « scénaristes » fourrent des scenes qui n'ont meme pas besoin d'etre mises dans l'ordre tant elles sont vides. Ils essaient de dire que le sexe a ruiné la vie de ce type. Mais à quel moment est-il montré que le sexe l'empêche de nouer des liens socio-émotionnels ? À aucun moment. À quel moment les scènes de relations sexuelles influencent-elles l'intrigue ? À aucun moment.
Ici, l'addiction sexuelle n'est qu'un prétexte pour filmer une histoire qui n'a rien à voir. "L'histoire"… oups, pardon ! La seule idée des scénaristes est de coller au personage une sœur accro à l'affection qui le harcèle de ses besoins affectifs. Comme ça, il y a conflit! Mais leur postulat posé, aucun développement. Apres deux heures, on met une scène finale qui se veut tragique. Fin. C'est parfait pour les idiots intellos de l'idiocratie. Ils vont adorer.
Ah oui, et ces "cineastes" ajoutent aussi l'épilogue "ambigu" habituel où l'écran devient noir sur le personnage face à sa prochaine mission. C'est la grande mode en ce moment, exactement la même fin que des dizaines d'autres films du style, comme cet autre film d'auteur intitulé Red Rocket. Cliché, cliché, cliché… Ces ratés sont les nouveaux cinéastes d'aujourd'hui.
En conclusion, cette ineptie prétentieuse et idiote ne dit absolument rien sur les effets dévastateurs de l'addiction sexuelle. Vous n'y apprendrez rien. C'est un faux drame d'un ennui mortel, racontant l'histoire d'un homme incapable de nouer des relations, mais tellement sexy que les femmes se jettent dans ses bras, l'abordent dans la rue pour se faire peloter dans les bars… et tout ça n'est qu'un prétexte pour montrer des scènes de sexe avec ce bel homme nu, son pénis en gros plan. Soit, je ne suis pas contre un guilty-pleasure, mais le tout est filmé dans un style caméra portée tremblotante et auteuriste qui émule ces réalisateurs europeens imposés au public par les departements cinéma gouvernementaux. Donc, que çe film soit complètement stupide, d'accord. Mais à ce point anémique, là, non c'est trop me demander personellement.
Maintenant, bien sûr, vu les exégèses cinéphiliques extatiques dans lesquelles une grosse niche de spectateurs (tous masculins) se lançent ici, on ne peut pas accuser le film de manquer sa cible! Comme disait Audiard, "la bêtise humaine est la seule matière inextinguible".
Créée
le 7 avr. 2026
Modifiée
le 7 avr. 2026
Critique lue 4 fois
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