La première moitié de Shelby Oaks m'a fait espérer le meilleur. Chris Stuckmann (que je ne connaissais pas), en cinéaste humble et appliqué qui connaît ses classiques, construit un mystère très prometteur. Il n'y a rien d'original, mais cette longue séquence d'exposition en forme de faux docu est habilement menée et parvient à installer une angoisse assez efficace. L'héritage de Blair Witch est assumé, et le recours à une plus grande variété de sources vidéo (found footage, extraits de JT, extraits de réseaux sociaux, interviews) et à un bon montage rend le tout beaucoup lisible et plus digeste.
Dans cette première moitié, la progression du scénario est assez audacieuse : à peine cette exposition terminée, un élément perturbateur assez choquant résout déjà des questions qui venaient d'être posées, mais le mystère n'en est que davantage épaissi, et la tension monte d'un cran...
Et dans la deuxième moitié...
L'essoufflement est brutal et total. En succombant aux sirènes des poncifs faciles, Stuckmann laisse dériver son film vers la série Z creuse. Hélas dans le plus grand sérieux, comme s'il n'avait pas conscience de la dégringolade qui vient de s'opérer.
Pire, en sacrifiant l'ambiguïté sur l'autel du twist final, il passe complètement à côté du pourtant énorme potentiel de cruauté de son intrigue familiale.
Amère déception.