Nom de dieu quel film !
La première partie semble être une critique assez classique des conditions de "détention" des patients en asile quoique plutôt osé avec ce parallèle entre ces établissements et les camps d’extermination. On se dit alors qu’on passe un très bon moment, l’image est belle et les acteurs jouent bien mais c’est ensuite que l’on décèle la profondeur que prend petit à petit le film.
En effet, ce dernier se découpe en trois actes (film d’asile classique, quelque chose cloche dans cet asile, c’est moi qui cloche ?) et toutes se répondent entre elles tout en étant tout autant géniales prises indépendamment (Shutter Island c’est enfaîte trois films pour le prix d’un !).
On pourrait relever la pertinence de la mise en scène (prise de vue derrière les barreaux, utilisation des faux raccords dans les souvenirs...), le rythme très bien géré (le film prend le temps de développer les personnages et l’asile mais ne tire pas en longueur pour autant, notamment dans le dernier acte) mais ce film est avant tout un scénario génailisime. Celui-ci est sublimé par les éléments évoqués précédemment bien sûr, mais on doit avouer que cette enquête policière où le personnage enquête sur lui même est succulente.
Pour autant, Scorsese ne cherche pas le compliqué pour le compliqué. C’est un puzzle, certes, mais il arrive à nous guider et ne cherche pas à nous perdre pour se donner un genre sans pour autant baigner dans des facilités qu’on prend plaisir à prédire au cours du film et à ne pas voire se réaliser.
C’est un film qui à mon sens fait mouche et m’aurais sans doute tiré quelques larmes dans de meilleurs conditions de visionnage (la scène où Di Caprio récupère ses enfants dans le lac à la fin du film).
Je recommande vivement, d’autant plus qu’il s’agit d’une production accessible et stimulante.