Sirāt
7
Sirāt

Film de Oliver Laxe (2025)

le récit est davantage au service de l'environnement que l'inverse.

Le désert et la musique sont Les deux piliers centraux de ce film "existentialiste" à bien des égards.

Le décor désertique souligne la désolation et le manque d'épanouissement spirituel chargeant ainsi fortement la philosophie émotionnelle du film. Les visages inconnus dansant avec une ferveur presque vide au rythme des basses puissantes des enceintes de la rave ne donnent pas l'impression d'une fête, mais plutôt d'une ultime tentative existentielle de créer du lien social. Evidemment , c'est assez rare de ressentir cela dans un film.

La conception sonore se distingue comme l'un des éléments les plus cruciaux contribuant à l'atmosphère envoûtante du film. Les sons sourds et apparemment infinis du désert créent une ambiance creuse, permettant au désert de devenir un personnage à part entière. L'atmosphère indéniable et la vie imprègnent une grande partie du film.

Certes, les performances incroyablement évocatrices de Lopez, Nuñez et des seconds rôles et la musique absolument hypnotique, se sont conjuguées permettant ainsi de saisir clairement l'évolution émotionnelle de chaque personnage et les subtilités narratives d'une scène à l'autre.

La musique est l'une des œuvres sonores les plus captivantes. Elle contribue largement à l'essence émotionnelle du film, notamment aux sentiments de confusion et d'isolement. La musique est incroyablement expressive et, à l'instar des éléments rave présents. L'interaction des personnages avec la musique est à l'origine des nuances expressionnistes et avant-gardistes.

Mais voilà c'est là que le bas blesse pour moi à bien des égards: le récit est davantage au service de l'environnement que l'inverse.

Bien que le mystère de la fille disparue et la construction des liens au sein de cette famille de ravers soient clairement défini, le film est avant tout une œuvre immersive. Je pense que « Sirât » est probablement le film le plus atmosphérique que j'ai visionné (allez j'ose la comparaison!) avec « Lost Highway » de David Lynch sans la complexité de ce dernier ( qui est bien meilleur selon moi par la force de son scénario et de son récit).

Le film a été tourné en Super 16 mm, un format inhabituel. le choix de tourner en Super 16 contribue à l'impression de tangibilité qui imprègne tout le film, enveloppant le spectateur dans l'environnement physique de la même manière que la bande son nous plonge dans l'univers sonore.

Je reconnais volontiers l'originalité de ce film mais je reste sur ma faim conscient qu'il manque beaucoup (trop!) d'éléments importants (un récit et un scénario beaucoup plus complexe). J'avoue également que je n'accroche pas trop à ce genre de film dit" immersif" où il faut se contenter de ressentir quelque chose ( un peu à l'instar de 2001 L'Odyssée de l'espace) et où le spectateur doit apporter lui-même des réponses. Comme je l'ai exprimé dans d'autres critiques de films, un bon film à la base pour moi, doit avoir une histoire qui se tienne (et les explications qui vont avec) d'un point A qui va jusqu'au point B, ce que je n'ai pas vu ici.

Donc c'est un poil déçu que je finis cette critique ( j'avais lu et entendu beaucoup de louanges concernant ce film).


Ma note: 5,5/10

Starbeurk
6
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le 10 nov. 2025

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Starbeurk

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