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Sirāt
7
Sirāt

Film de Oliver Laxe (2025)

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Support: Bluray


Fort d’un succès critique et auréolé du prix du jury à Cannes, il me tardait de voir Sirāt, malheureusement raté en salle. Avec un minimum d’informations en tête alors que je lançais le film, j’étais prêt à ce qu’il m’emporte dans son ésotérisme musical. Et emporté il m’a.


Dans les faits, on pense évidemment au Salaire de la Peur et son pendant américain Sorcerer (auquel un plan de vide est directement emprunté) quand on s’attarde sur la structure narrative. Mais Sirāt est avant tout le microcosme d’une apocalypse guerrière, gouverné par la perte, gratuite et aléatoire, pour des gens qui ne demandent qu’à vivre. Le pont de l’enfer judicieusement nommé, plus étroit qu’un cheveu et plus affûté qu’une épée, prend ici tout son sens. Le sentiment étouffant du désert est amplifié par le flou informationnel quant à ce contexte de nouveau conflit global qui finit d’isoler nos protagonistes dans leur quête de liberté. Celle des teufeurs, en marge d’un système qu’ils rejettent et à la recherche de leur prochain rassemblement qui prône l’union par le son, l’hypnose des basses. Celle d’un père endeuillé qui souhaite trouver un sens à ses pertes, et donc une possibilité de vie, de rédemption.


Pas étonnant alors qu’Oliver Laxe trace un parallèle direct dans la quête spirituelle de nos personnages, idolâtrant l’enceinte comme instrument sacré d’un pouvoir supérieur, de la même façon que les musulmans prient autour de la Kaaba à La Mecque. La rave est rituelle, religieuse, expiatoire.


No es para escuchar, es para bailar” : la messe est dite. Sirat n’est pas un film que l’on doit regarder, réfléchir, comprendre, mais une expérience sensorielle que l’on doit vivre au travers d’une image hypnotisante et d’une musique transcendantale. La sensation dépasse ainsi la pensée, et la peine se noie dans la catharsis musicale. Le voyage est ainsi servi par les aléas du désert, décor naturel aussi splendide que capricieux avec lequel les équipes du films ont dû composer. Mais également par le choix d’une caméra subjective qui nous fait vivre les épreuves et trauma à hauteur d’individu, sans rupture du point de vue qui “cinématiserait” le périple, accentuant ainsi le pathos sans lourdeur, et la décharge sensorielle de façon organique.


A partir de là, il est compliqué de s’étendre davantage sur une œuvre qui demande à être vécue plutôt qu’à être vue. Tout juste suis-je dépité de ne pas l’avoir découvert en salle, enceintes grondantes et sables englobants.


Créée

le 2 févr. 2026

Critique lue 17 fois

Frakkazak

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